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Islam Lover

Islam Lover Le respect, l'amour, la fraternité, la justice, la solidarité, le dialogue.... et encore, tels sont les principes nobles de l'islam que nous avons appris dans le Coran et que nous a enseigné notre meilleur exemple : le Prophète saws. L’islam est la religion qu’ALLAH a agréée pour tous les êtres humains. C'est une religion de paix, qui dénonce la terreur, l'injustice, et l'inflexibilité. J'invite toute l’humanité à découvrir l'islam sans préjugés, et j'invite tous les musulmans à éduquer leurs enfants selon les principes nobles et universels de l'islam. Je vous invite à découvrir ici le berceau de mon cœur et je prie ALLAH qu’il soit satisfait de nous pour que nous soyons vraiment la meilleure communauté qu’ait été fait surgir pour les Hommes. Salam alaykoum

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Cat & Yusuf : La réconciliation

Par Islam Lover :: mardi 10 mai 2011 à 23:43 :: Coup de Coeur!

"Dieu est beau et Il aime la beauté",  un hadith qui montre clairement que l'art n'a jamais été en contradiction avec la religion tant qu'il se limite à ce qui est instructif et à ce qui touche l'humanité dans le but de contourner ses souffrance et de chanter ses mérites. Yusuf islam ou "Cat stevens" représente un exemple d'une personne qui a tant puisé au fond de son âme pour établir l'équilibre entre un trés beau talent d'artiste et un musulman pieux et respectueux envers sa religion. Yusuf islam est une personne que j'admire beaucoup, une âme trés pure, une âme qui a répondu au message universel  de l'islam, c'est quelqu'un qui a abondonné toute sa vie de star, tout son univers de célébrité et qui n'a retenu qu'une voie: celle de la foi. voici un trés beau récit de l'histoire de yusuf islam avec l'art écrit par Tariq Raman...

                               Islam Lover 



Cat & Yusuf : La réconciliation

Je me souviens des années soixante et soixante- dix, de cette époque musicalement si particulière. Tous les genres se mêlaient dans une effervescence de créativité, de non conformisme, de quête de sens et de renouveau tout à fait singulière et parfois déroutante. En juillet 1975, dans les rues de Londres, on pouvait entendre les chansons de Cat Stevens tourner en boucle. Un timbre de voix, une qualité musicale et un talent reconnus de tous avec, de surcroît, des paroles qui traduisaient un cheminement, une recherche, la poésie de la vie et des souffrances, la paix comme les enfants, les séparations comme la mort. Peace Train, Wild World, Lady d’Arbanville, Father and Son, étaient autant de titres qui atteignaient les sommets des hits et exprimaient l’univers intérieur riche, complexe, et parfois torturé, de Cat Stevens.

Quelques années plus tard, en 1977, Cat Stevens allait se convertir à l’islam et rompre avec la musique. Il expliquera plus tard son choix et la nécessité pour lui de faire une coupure avec son passé de star et de musicien. Dans sa compréhension première de l’islam, la musique n’avait pas sa place et cela correspondait de plus à son propre besoin naturel de se séparer d’un univers où il était devenu une "idole" avec cette hypertrophie de l’apparence et de l’avoir. Il avait besoin de silence, d’intimité et d’être. Le voyage devenait intérieur, spirituel, exigeant : Yusuf Islam, son nom de converti, ne pouvait pas, ne pouvait plus être et se retrouver en Cat Stevens.

Pendant les années qui ont suivi, Yusuf va s’engager dans différents projets de première importance. A l’analyse, chacun d’entre eux porte la marque des aspirations de Cat et de l’orientation de Yusuf. Il fonde des écoles insistant autant sur les méthodes d’excellence que les objectifs éthiques. Il crée une organisation de solidarité qui finance des projets à travers le monde et il est l’un des premiers à se rendre à Sarajevo pour défendre et célébrer la culture bosniaque à travers l’art et les chants. Il écrit des ouvrages, compose des chansons pour les enfants et des anacheeds (chants islamiques) dans lesquels il évite les instruments de musique, à l’exception des percussions selon l’un des avis des ‘ulama (savants) musulmans. Un champ d’activités très large et un don de soi sans limite : Yusuf est l’homme d’une spiritualité, l’homme d’une cause et d’une vision : ce qu’il disait hier en musique, il le réalise alors concrètement au nom de sa foi avec son engagement pour l’éducation, la solidarité, l’amour et la paix. Mais sans musique : Yusuf ne veut plus être Cat.

Il y aura, au demeurant, l’épisode de l’affaire Rushdie qui a choqué beaucoup de ses amis et admirateurs. Se pouvait-il qu’un homme qui a passé son temps à chanter la vie, l’amour et le sens ; puis s’est engagé à l’éducation des enfants et à la solidarité et à la paix, soutiennent l’appel d’un gouvernement à tuer un homme ? Je m’étais de suite opposé à la fatwa en affirmant que cette dernière était plus politiquement motivée qu’islamiquement fondée. Quand, des années plus tard, en 1994, j’ai rencontré pour la première fois Yusuf Islam, j’avais de fait deux questions à lui poser. L’une concernait son soutien à la fatwa et l’autre était liée à sa position quant à la musique en islam. Il m’expliqua de suite, et très clairement, sa position sur la question. Interrogé par les médias sur la question du blasphème en islam, il avait répondu que selon les textes de la Torah juive, de la Bible chrétienne et du Coran, la condamnation du blasphème était effectivement la mort. Cette réponse dans l’absolu, fondée sur les textes scripturaires, n’était pas du tout un soutien à la fatwa qui selon lui était un acte de vengeance non légitimé qui, de plus, ne respectait pas le droit britannique et international. La position était explicite. Nous étions en désaccord néanmoins sur l’autre question de la musique. Je lui avais soumis des avis différents sur la question et lui avais suggéré de revenir à la musique avec son talent et sa créativité. Il n’était pas d’accord car alors il pensait que les instruments de musique n’étaient pas permis en islam, et surtout parce qu’il avait besoin de ce couper de ce monde. Même en désaccord avec sa position sur la question de la musique en islam, comment ne pas comprendre son besoin de se couper de ce passé si intense, si envahissant, si perturbant parfois. Yusuf n’a jamais cessé d’être hanté par la lumière ou l’ombre de Cat ; soit dans le cheminement personnel, soit par la célébrité d’antan, soit enfin dans le regard des autres, musulmans ou non. Cat habitait Yusuf.

Le temps est passé... 28 ans. Les enfants ont grandi et ce sont eux qui vont permettre au père Yusuf de retrouver l’enfant Cat. Yusuf va ressentir le parfum musical de Cat au détour de la guitare de son fils trainant comme une erreur dans une chambre. Une belle erreur, une chance. Cette guitare, une vieille amie de Cat, va appeler Yusuf et célébrer la réconciliation du passé et du présent, de la star et du croyant, de l’art et du sens. Il faut en être heureux et en tirer des enseignements. Yusuf revient à la musique, avec sa force, sa voix, et son humanité. Avec sa guitare, il chante la vie, l’amour, la guerre, l’environnement ou la liberté : il chante l’humain et l’universel, sans cesser d’être musulman, il dit l’intimité de chacun et l’espérance de tous. Il reprend ses tubes anciens qui déjà traduisaient ses doutes et ses espoirs, l’universelle humanité de l’homme. Cat et Yusuf ne font qu’un. Enfin.

Pour les musulmanes et les musulmans à travers le monde, son histoire et son évolution sont de belles leçons. On parle de "chants islamiques" (anacheeds) qui auraient une caractéristique "islamique" car on y parle de thèmes religieux, ou parce qu’il n’y a pas d’instrument de musique, ou parce que l’on y fait usage de textes coraniques ou traditionnels. Ce seraient les seules chants permis (halal) en islam et la seule créativité autorisée. Il existe certes des savants qui défendent cette position mais elle n’est de loin pas la seule. Dans Être Musulman Européen (écrit en1996), j’exposais ces avis et prenais une position claire sur la musique en islam. Elle est permise et il faut que les musulmanes et les musulmans se réconcilient avec l’art, la créativité, et l’imaginaire dans toutes ces dimensions. Portés par leur éthique, ils ne doivent pas s’enfermer derrière le qualificatif "islamique" qui finit par les isoler, les étouffer et les priver de toute énergie créatrice dans l’univers de l’art, de la musique, de la peinture, de la sculpture, de la littérature, etc. Les musulmans sont sur la défensive et éprouvent le constant besoin de tout qualifier d’ "islamique" pour se rassurer et établir la norme. Le souci éthique n’impose pas l’obsession et l’hypertrophie des normes "licite" et "illicite" (halal et haram). Ainsi tout chant, tout expression artistique, qui célèbre l’être humain, l’amour, la justice, la dignité, le sens, la paix, etc. est conforme à l’éthique musulmane de fait et n’a pas besoin de surqualification supplémentaire. Le sens, les aspirations et l’édification humaine se sentent et se vivent et n’ont pas besoin d’un cadre normatif qui les bride et finit par les annihiler. L’expression des finalités éthiques en art transcendent les appartenances singulières et réconcilient l’universel des intimités humaines qui se sentent grandir, s’élever, s’épanouir, vibrer, s’humaniser, se pacifier, se régénérer par la musique, la voix, la main, la plume ou le pinceau. La musique peut-être une prière, un tableau un chemin, une chanson une histoire : tant que l’art dit l’être humain, ses blessures, ses espoirs, ses larmes, ses sourires et ses quêtes, il est l’universel langage des humains et peut réaliser par l’imaginaire, l’émotion et le cœur ce que tous les dialogues de la raison et des civilisations ne peuvent offrir.

Vrai. Yusuf habitait Cat avant que Cat ne deviennent Yusuf. Un paradoxe que les traditions soufies nous enseignent depuis si longtemps. Il fallait que Cat se mette en route vers Yusuf pour que Yusuf retrouve et comprenne les secrets de Cat. Une quête et un beau cheminement : l’artiste et le croyant chantent d’une même voix désormais. Parce que la foi et l’art sont amis du beau et qu’il s’agit au fond d’une histoire d’amour : "Dieu est beau et Il aime la beauté", comme Il aime les créateurs du beau, amis du sens et de l’espérance.

       Tariq Ramadan

voir aussi:  Comment j’en suis venu à l’Islam ?


Yusuf Islam / Cat Stevens invité à l’émission "Ce soir ou jamais" - France 3

 

 

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