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Islam Lover Le respect, l'amour, la fraternité, la justice, la solidarité, le dialogue.... et encore, tels sont les principes nobles de l'islam que nous avons appris dans le Coran et que nous a enseigné notre meilleur exemple : le Prophète saws. L’islam est la religion qu’ALLAH a agréée pour tous les êtres humains. C'est une religion de paix, qui dénonce la terreur, l'injustice, et l'inflexibilité. J'invite toute l’humanité à découvrir l'islam sans préjugés, et j'invite tous les musulmans à éduquer leurs enfants selon les principes nobles et universels de l'islam. Je vous invite à découvrir ici le berceau de mon cœur et je prie ALLAH qu’il soit satisfait de nous pour que nous soyons vraiment la meilleure communauté qu’ait été fait surgir pour les Hommes. Salam alaykoum

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L’implication israélienne dans l’attaque dans le Sinaï

Par Islam Lover :: lundi 13 août 2012 à 5:49 :: Al-Aqsa dans notre coeur

L’implication israélienne dans l’attaque dans le Sinaï

Abdel Bari Atwan

Il y a dix jours, l’Egypte pleurait ses soldats massacrés alors qu’ils prenaient leur repas d’Iftar à proximité de la frontière de Rafah entre l’Égypte et les territoires palestiniens.

Ce crime ne devrait pas être oublié de si tôt par les Égyptiens, d’autant qu’il existe certains milieux en Égypte qui tentent de l’exploiter en vue de provoquer des tensions dans les relations égypto-palestiniennes, et de faire en sorte que Mohammed Morsi apparaisse comme un président mis en échec.

Les journaux israéliens ont publié hier plusieurs articles disant que les agences de sécurité israéliennes avaient prévu cette attaque, et c’est pourquoi le gouvernement israélien avait demandé à ses citoyens de quitter le Sinaï deux jours à peine avant que l’attaque n’ait lieu.

Si les agences israéliennes de renseignement étaient vraiment au courant de cette attaque, pourquoi n’ont-elles pas transmis l’information dont elles disposaient aux autorités égyptiennes afin qu’elles puissent essayer de la stopper ? Sauf si Israël était effectivement désireux de voir une crise se dérouler entre les Égyptiens et les Palestiniens, deux nations consanguines qui partagent une histoire et des croyances religieuses communes.

Il reste encore à prouver ce que ces articles de la presse israélienne prétendent, à savoir que le poste égyptien attaqué avait été visé par des obus de mortier tirés depuis la bande de Gaza avant que les hommes armés ouvrent le feu sur le poste [information niée par de nombreux témoins - N.dT]. Pour leur part, les responsables du Hamas ont fermement nié cette version des faits, ainsi que toute participation palestinienne à l’assaut.

Il est vrai que certains groupes palestiniens islamistes ciblent régulièrement Israël, et il est vrai aussi qu’épisodiquement des missiles sont tirés depuis Gaza sur les colonies israéliennes du sud, mais un groupe palestinien n’a jamais attaqué les soldats égyptiens. Ce que nous avons l’habitude d’apprendre, c’est plutôt que des forces israéliennes ont ouvert le feu sur des soldats égyptiens à la frontière, allant même jusqu’à pourchasser les soldats égyptiens et à les abattre sur le sol égyptien !

Le gouvernement israélien a transmis à l’Égypte ses excuses officielles pour ces faits il y a un an. Les Israéliens se sont excusés, alors qu’ils n’ont toujours pas transmis leurs excuses au gouvernement turc pour les crimes de l’armée israélienne lorsqu’elle a massacré neuf citoyens turcs qui participaient à une flottille pacifique visant à briser le blocus israélien sur Gaza.

Les autorités israéliennes ont envoyé cinq corps des assaillants en Égypte, mais les nationalités de ces assaillants tués n’ont pas encore été révélées, et c’est quelque peu étrange, car faire connaître leurs nationalités mettrait fin aux spéculations sur qui était derrière cette attaque, et prouverait très certainement que les Palestiniens n’avaient rien à voir avec cela.

Révéler leurs nationalités pourrait contrecarrer les efforts de certains milieux en Égypte, parmi les pro-Moubarak, qui ont évidemment la haine à la fois des Palestiniens et du président Mohammed Morsi, et ont déjà lancé des campagnes pour le renforcement du blocus imposé à Gaza, voulant déjà une revanche sur les Palestiniens alors que l’enquête sur l’attaque du Sinaï vient à peine de commencer.

De tous les Arabes, les Palestiniens sont les plus reconnaissants à l’Égypte, pour les sacrifices des citoyens égyptiens qui ont payé un lourd tribut pour leur soutien de longue date à la cause palestinienne. Cette reconnaissance se voit dans le fait que les Palestiniens n’ont jamais causé de préjudice à l’Égypte et ont toujours été prompts à la consulter dans chaque initiative importante liée à leur cause.

Les Frères musulmans en Égypte ont accusé les services secrets israéliens d’avoir orchestré cette attaque très suspecte, et les Frères ont une croyance très enracinée selon laquelle Israël est déterminé à ruiner les relations égypto-palestiniennes et à faire dérailler l’Égypte de la voie de la démocratie.

Malheureusement, l’institution militaire égyptienne ne partage pas la même opinion que la Fraternité, et certains généraux égyptiens ont lancé de violentes menaces contre les Palestiniens à peine quelques instants après que le massacre ait eu lieu, et sans aucune preuve pour appuyer leurs accusations.

Israël est le véritable ennemi à la fois pour l’Égypte et les Palestiniens, ainsi que pour tous les Arabes et tous les musulmans, parce qu’il occupe des terres arabes et s’active à judaïser les lieux saints musulmans. Nous nous souvenons encore des bandes sionistes qui attaquèrent à la bombe les synagogues juives au Caire dans les années 1940 pour pousser les Juifs égyptiens à émigrer en Palestine, tandis qu’ils accusaient les Arabes et les musulmans pour les attentats à la bombe. L’histoire s’est répétée plus tard à Bagdad où les gangs sionistes étaient responsables d’attentats à la bombe dans des salles de cinéma.

Nous espérons que l’armée égyptienne reviendra sur ses accusations hâtives à l’encontre des Palestiniens, car ceux-ci sont vraiment très peu susceptibles d’être impliqués dans cette attaque. Ce massacre cause un préjudice très grave aux intérêts stratégiques des Palestiniens et menace leurs relations avec l’État qui leur permet leur seul accès au monde extérieur, et qui a également concéder de grands sacrifices pour défendre leur cause.

Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Gaza paye pour un crime commis par d’autres !

Par Islam Lover :: mercredi 15 août 2012 à 21:29 :: Al-Aqsa dans notre coeur
Gaza paye pour un crime commis par d’autres !


Amira Howeidy

Le responsable du bureau politique du Hamas, Moussa Abu Marzouk, a déclaré à Amira Howeidy qu’il soupçonnait Israël d’avoir infiltré le groupe terroriste qui a tué 16 gardes-frontières égyptiens à Rafah.

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La traversée de la frontière reste pour les Palestiniens une affaire complètement aléatoire, jamais assurée comme un droit élémentaire, mais soumise au bon vouloir de l’armée égyptienne - Photo : Getty

Après le meurtre de 16 gardes-frontières égyptiens au point de passage frontalier d’Al-Masoura à Rafah, le responsable du bureau politique du Hamas, Moussa Abu Marzouk - installé au Caire depuis que la direction du Hamas en exil a quitté son siège à Damas - se retrouve lui-même dans l’œil du cyclone.

Bien qu’aucun élément n’ait été donné pour identifier les auteurs de l’attaque - dont plusieurs ont été tués dans des frappes aériennes israéliennes - les médias égyptiens n’ont pas tardé à imputer le massacre à des Palestiniens de la bande de Gaza et, par extension, au Hamas.

Un communiqué publié par le Conseil suprême des Forces armées (SCAF), le lundi qui suivit l’attaque, pointait du doigt une implication palestinienne, affirmant que l’assaut avait été accompagné de tirs de mortier par « des éléments de Gaza » dans la zone autour du passage frontalier de Karam Abu Salem contrôlé par les Israéliens.

« Comment cela serait-il possible ? » demande Abou Marzouk, très mécontent. « Ils ne sont pas au même endroit. »

Al-Masoura et Karam Abu Salem, fait-il remarquer, sont à cinq kilomètres de distance.

La déclaration de l’armée, dit-il, contenait des « inexactitudes ».

« Je suis en mesure d’affirmer qu’il n’y avait pas d’éléments venus de la bande de Gaza et impliqués dans cet attentat terroriste. »

Selon Abou Marzouk, une enquête approfondie par les agents de sécurité du Hamas dans la bande de Gaza sur la circulation transfrontalière, avant et le jour même de l’agression, n’a rien révélé qui permette d’étayer l’affirmation du SCAF.

Le dossier palestinien a longtemps été traité par les services égyptiens du renseignement, dont le nouveau chef Murad Mowafi, semble être plus populaire que son prédécesseur, du moins aux yeux du Hamas.

Abou Marzouk déclare aussi que le Hamas a transmis sa position sur l’agression aux responsables du renseignement. « Je pense qu’ils sont compétents, qu’ils disposent d’informations suffisantes et sont pleinement conscients de ce qui se passe. »

La possibilité d’une infiltration israélienne dans le groupe qui a effectué l’attaque ne peut être écartée, insiste Abou Marzouk. Le fait que le chef du bureau politique du Hamas soit si catégorique sur ce point, suggère que les services égyptiens du renseignement ont probablement eux-mêmes retenu cette possibilité.

Les responsables militaires ont déclaré que l’attaque s’est produite alors que les gardes-frontières étaient sur le point de rompre leur jeûne du Ramadan. Trente cinq hommes armés ont attaqué le poste frontière, tuant 16 soldats avant de voler deux véhicules blindés. Un des véhicules s’est enlisé dans les dunes de sable tandis que le second est parti à l’assaut vers la frontière avec Israël. L’armée israélienne a déclaré avoir frappé les assaillants avec les forces aériennes. Il est difficile de savoir combien d’hommes armés ont été tués, ou le cas échéant combien ont réussi à s’échapper.

Abou Marzouk trouve plusieurs similitudes entre la dernière attaque et celle du 17 août 2011, lorsque six gardes-frontières égyptiens ont été tués par des tirs israéliens près de Taba.

Les deux attaques ont eu lieu dans le mois de Ramadan. Lors de l’incident de l’an dernier, les forces israéliennes d’occupation s’étaient lancées à la poursuite d’un groupe qui s’était infiltré dans le sud d’Israël et avait tué huit Israéliens. Israël poursuivait neuf militants, dit Abou Marzouk. Comme les assaillants de cette semaine, leurs visages étaient masqués, et ils ne portait aucune pièce d’identité. Leurs corps ont été remis aux autorités égyptiennes, mais jusqu’à présent leurs identités restent un mystère.

« La différence cette fois-ci », affirme Abou Marzouk, « tient à la probabilité que l’attaque d’Al-Masoura ait été manipulée par Israël. »

« Tout d’abord les assaillants ciblent des gardes-frontières égyptiens, puis ils se dirigent en Israël pour découvrir qu’ils sont très, très exposée à la force aérienne israélienne qui les tue instantanément tous. Puis vous voyez Israël se vanter de sa victoire sur un groupe terroriste. »

« Au lieu d’arrêter les militants, ou au moins de tenter de le faire, Israël a choisi de les tuer, ce qui rend toute identification extrêmement difficile. L’armée d’occupation israélienne a bombardé et complètement détruit le véhicule conduits par les assaillants, laissant très peu d’éléments aux enquêteurs égyptiens voulant retrouver son origine. »

L’opération israélienne, dit Abou Marzouk, était tout sauf impulsive.

« Les auteurs pourraient être des extrémistes islamistes, mais la possibilité que certains d’entre eux soient des agents infiltrés par Israël demeure forte. » Alors que Tel-Aviv projette une image de professionnalisme et d’efficacité dans le renseignement, soulignant à plusieurs reprises qu’il avait émis des avertissements d’une attaque terroriste imminente dans la région, « il atteint ses objectifs en ce qui concerne l’Égypte ».

Le passage frontière de Rafah a été fermé immédiatement après l’opération.

« Le public égyptien est mal renseigné sur la situation à Gaza et le résultat final est la punition collective de la population de Gaza », qui vit sous blocus israélien depuis 2007. Abou Marzouk affirme qu’il y a « des milliers » de Palestiniens bloqués dans les aéroports, y compris 1200 pèlerins à Djeddah, qui ne peuvent pas retourner à Gaza à la suite de la fermeture.

Mais qui sont ces groupes militants « islamistes », « djihadistes », « extrémistes » « salafistes » qui ont été mis en avant depuis l’attaque ?

Abou Marzouk met en garde de ne pas prendre ces rapports trop au sérieux. Global Jihad, le Conseil de la Choura des Moudjahidins et les Soldats de l’Islam pourraient simplement être un seul et même groupe, dit-il. « Il faut quatre ou cinq personnes pour former ce genre de groupe. Ils se donnent un nom, pour ensuite en changer. »

Depuis sa prise de contrôle de Gaza en 2007, le Hamas a été confronté à un certain nombre d’incidents dans lesquels des groupes islamistes radicaux ont enlevé des étrangers. Il a réussi à libérer un journaliste de la BBCdétenu par l’Armée de l’Islam en 2008, mais l’année dernière, il a échoué à obtenir la libération d’un militant italien.Vittorio Arrigoni a été assassiné l’an dernier, prétendument suite à l’arrestation par le Hamas d’un religieux musulman radical.

Mais de tels incidents, dit Abou Marzouk, restent exceptionnels. Les groupes salafistes violents représentent peu de chose « et comportent probablement guère plus que quelques individus ».

« Gaza n’est pas la source de cet extrémisme. Celui-ci est exporté vers la bande de Gaza, et le Sinaï n’est qu’un passage. »

Ce n’est pas la version des médias égyptiens.

Leur couverture a fourni peu d’éléments d’information, et elle a mis l’accent sur un sentiment anti-palestinien qui était une caractéristique de l’ère Moubarak. Il n’y a eu aucune discussion sérieuse sur l’échec des forces armées égyptiennes et des agences de renseignement pour prévenir une telle attaque dans une zone de sécurité sensible.

Abou Marzouk met en garde contre la « désinformation » dans les articles sur l’attaque. Une des théories les plus répandues à ce jour est que la décision du président Mohamed Morsi « d’ouvrir » le poste frontière de Rafah aurait permis un accès aisé vers l’Égypte à des extrémistes.

« Permettez-moi d’être clair », dit Abou Marzouk. « La politique concernant la frontière de Rafah n’a pas changé depuis l’éviction de Moubarak. » La seule évolution positive est que plus de Palestiniens sont autorisés à traverser chaque jour, « quand le passage est ouvert ». De 350 à 450 par jour, le nombre a augmenté à environ 1000.

« Ceci est le cas depuis que le SCAF a pris le pouvoir dans le sillage de la révolution, bien avant que Morsi n’ait remporté les élections. »

Le nombre de Palestiniens autorisés à traverser a augmenté, mais tout le reste demeure identique. La frontière s’ouvre de façon irrégulière et la nourriture, le matériel médical et les fournitures de base ne sont pas autorisés à passer, mais sont détournés, selon la demande d’Israël, vers la frontière de Karam Abou Salem qu’Israël contrôle.

Bien que le passage de Rafah ait été peu affecté par la disparition de Moubarak, les relations du Caire avec le Hamas et d’autres organisations de la résistance se sont considérablement améliorées. Abou Marzouk vit maintenant au Caire avec sa famille, ce qui aurait été inconcevable avant l’élection de Morsi. Et Ismail Haniyeh, Premier ministre issu du Hamas et longtemps ignoré par Moubarak, s’est vu dérouler le tapis rouge au Caire il y a juste deux semaines.

Si Abou Marzouk a raison et si Israël a été impliqué dans l’attaque, quel genre de message Tel-Aviv envoie-t-il ?

« Ce n’est pas seulement un message. C’est une tentative de saboter tout ce qui s’est passé de positif : les tentatives d’allégement du blocus de Gaza et la façon dont l’Égypte va gérer le dossier palestinien à l’avenir. Il y a le Sinaï, l’avenir de l’accord de paix israélo-égyptien. Israël veut maintenir le statu quo d’avant la révolution. Leur implication possible dans l’attaque de Rafah doit être comprise dans ce contexte. »


Démocratie et meurtres de masse en Birmanie

Par Islam Lover :: mercredi 29 août 2012 à 4:55 :: Coup de Coeur!

Démocratie et meurtres de masse en Birmanie : la ruée vers l’or l’emporte sur les droits de l’homme

Ramzy Baroud

Les Rohingyas sont des Musulmans vivant au Myanmar (Birmanie). Cette présentation semble être banale si ce n’est la nécessité de parler de ce peuple pris au piège de la haine et qui subit une vague de massacres des plus aberrants.

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Une jeune musulmane Rohingya en larmes alors qu’elle tente de fuir la violence au Myanmar

Cet homicide généralisé n’a été que vaguement et objectivement rapporté par la plupart des médias occupés par d’autres questions. En réalité, ils [médias] ne font qu’afficher leur indignation et appeler à la conjugaison d’efforts pour que cessent immédiatement les violations des droits de l’homme.

« Un hélicoptère Birman a ouvert le feu sur trois embarcations contenant environ 50 Musulmans Rohingya qui tentaient de fuir les violences sectaires que connait l’ouest Birman. L’attaque semble avoir tué tous ceux qui étaient à bord. » a rapporté Radio Free Europe, le 12 juillet dernier.

Mais quelles sont les raisons qui pousseraient des gens simples à courir de pareils risques mortels ? Les réfugiés voulaient tout simplement échapper aux mains de la majorité ethnique des Bouddhistes de Rakhine qui leur réservent le triste sort d’une mort immédiate, ou l’arrestation et la torture. Tout cela se passe sous le regard approbateur du gouvernement de Myanmar.

Quant à la couverture médiatique, il est important d’expliquer que l’intérêt relativement faible des médias par rapport aux « affrontements ethniques » au Myanmar n’est en aucun cas une indication sur l’ampleur de l’histoire et des faits. L’escalade de la violence est survenue suite au viol et à la mort d’une jeune femme Rhakine le 28 mai dernier et qui aurait été commis par trois hommes appartenant à la communauté des Rohingyas.

L’incident a marqué le début d’un rare mouvement collectif qui a uni plusieurs secteurs de la société au Myanmar, y compris le gouvernement, les forces de sécurité et les prétendus militants et groupes pro-démocratie.

Ainsi, la première chose de faite a été de battre à mort dix Musulmans innocents. Les victimes qui avaient été descendues d’un bus et attaquées par une foule de 300 individus bouddhistes de Rhakine n’étaient pas des Rohingyas, rapporte le Bangkok Post dans son édition du 22 juin. En effet, les Musulmans au Myanmar n’appartiennent pas tous au groupe ethnique des Rohingyas. Certains d’entre eux sont des descendants d’immigrants indous, d’autres sont d’ascendance chinoise et il y a même une catégorie aux origines arabes et persanes.

Et ces Musulmans du Myanmar ne représentent que 4% d’une population estimée à 60 millions.

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Un homme Rohingya suppliant les gardes-côtes du Bengladesh pour l’autoriser ainsi que les femmes et les enfants à bord à entrer sur les terres du Bangladesh. Les officiers leur ont offert nourriture, eau et carburant et les ont sommés de rebrousser chemin et de retourner d’où ils étaient venus, où une violence sectaire inégalée fait ravage entre les Musulmans Rohingya et les Bouddhistes Rakhine dans l’Etat d’Arakan. Une image bouleversante qui en dit long sur la souffrance des Rohingyas au Myanmar depuis des décennies

Peu importe les chiffres lorsqu’on assiste à une vague généralisée de violence et d’abus alors que les auteurs, appartenant à différentes catégories sociales, ne risquent rien pour leurs actions et sont même soutenus par leurs gouvernements. Dans cette optique, et citant des groupes des droits de l’homme, Reuters a indiqué, en date du 4 juillet que « Les Rohingyas ...sont en proie aux pires formes de discrimination que le monde connaît. »

Pour sa part, l’organisation Equal Rights Trust, basée à Londres, a souligné que les récentes violences ne sont pas des affrontements ethniques seulement, mais qu’en réalité, le gouvernement y est activement impliqué. « Depuis le 16 juin, la population des Rohingya au nord de l’Etat de Rakhine est confrontée à des actes de violence et différents abus perpétrés par une armée très active qui procède à des assassinats et à des arrestations à grande échelle des hommes et des garçons. »

Les groupes et les individus pro-démocrates du Myanmar qui ont longuement été loués et félicités par les gouvernements occidentaux pour s’être opposés à la junte militaire du pays, sont les mêmes qui participent à la guerre contre les minorités. A ce titre, Hanna Hindstorm avait rapporté dans les colonnes du Sydney Morning Herald (dans son édition du 8 juillet), le tweet d’un des groupes pro-démocratie déclarant « les soi-disant Rohingyas sont des menteurs. » Un autre utilisateur des médias sociaux a déclaré : « Il faut tuer tous les kalar. » Kalar est un terme utilisé pour insulter la population à la peau foncée, issue du sous-continent indien.

D’un point de vue politique, le Myanmar a une mauvaise réputation. Juste après son indépendance de la Grande-Bretagne en 1948, le pays a été ravagé par une guerre civile prolongée. Aussi, l’ère coloniale a été extrêmement dévastatrice car toutes les grandes puissances s’étaient servies du pays comme champ de bataille. La population, qui n’était en rien responsable des évènements en cours, fut massacrée.

Et comme les puissances étrangères avaient à l’époque divisé le pays en fonction de leurs propres intérêts, une guerre civile imminente était presque inévitable et prévisible. Cette guerre a soi-disant pris fin lorsque la junte militaire a pris le pouvoir en 1962, pour y rester jusqu’en 2011. Mais de nombreux problèmes latents n’ont pas été réglés.

Pour les médias occidentaux, le Myanmar est défini par la quête pour la démocratie menée par une poignée d’ « individus emblématiques », comme le leader de l’opposition Aung San Suu Kyi. En effet, les élections tenues l’an dernier ont vu l’accession au pouvoir d’un gouvernement civil. Ainsi, nous avons été amenés à croire qu’un heureux dénouement était en train de se faire. « En date du 9 juillet, la dirigeante de l’opposition en Birmanie, Aung San Suu Kyi, a réussi à faire ses débuts historiques dans le parlement, marquant ainsi une nouvelle phase dans une lutte longue d’un quart de siècle durant laquelle, elle s’est battue pour que sa patrie vive dans la démocratie et abolisse la domination de l’armée. » pouvait-on lire dans le British Telegraph.

Mais au-delà des simples « préoccupations » sur la violence à caractère ethnique, Aung San Suu Kyi veille à rester à l’écart - comme si le massacre « des Indiens de son pays à la peau sombre » n’était pas aussi urgent que d’obtenir une représentation parlementaire de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie (Myanmar).

Le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu a appelé « la Dame » pour qu’elle fasse quelque chose, n’importe quoi... « En tant que lauréate du prix Nobel de la paix, nous sommes confiants que la première étape de votre voyage en vue d’assurer la paix dans le monde partira de votre propre porte et que vous jouerez un rôle positif pour mettre un terme à la violence qui a frappé l’État d’Arakan, » écrivait-il. Toutefois, « la Ligue nationale de Aung San Suu Kyi pour la démocratie continue de bien éviter ce problème brûlant », selon la revue Foreign Policy.

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Au sujet de la situation en Birmanie : les Rohingya subissent actuellement l’un des épisodes les plus violents de leur histoire. Leur souffrance est désormais l’une des questions les plus urgentes à dénoncer de par le monde

Les violentes attaques contre les minorités birmanes sont arrivés à un moment intéressant pour les États-Unis et la Grande-Bretagne. Leur campagne pro-démocratie a été tout de suite mise en veilleuse lorsque la junte a accepté d’appliquer des réformes semi-démocratiques. Désireux de contester la quasi-exclusive influence de la Chine sur l’économie du Myanmar, les entreprises occidentales ont sauté dans le pays, comme si l’un des régimes les plus oppressifs du monde était soudainement devenu une oasis pour la démocratie.

« La ruée vers l’or vers la Birmanie a commencé », écrit Alex Spillius dans le journal britannique The Guardian. Elle a été inauguré par la levée récente par le président américain Barak Obama de l’interdiction des investissements américain dans le pays. La Grande-Bretagne lui a immédiatement emboîté le pas, tandis qu’une représentation commerciales du Royaume-Uni a été ouverte précipitamment à Rangoon le 11 juillet. « Son objectif est de tisser des liens avec l’un des derniers marchés inexploités en Asie - un pays béni par de vastes ressources d’hydrocarbures, des minéraux, des pierres précieuses et du bois, pour ne pas mentionner une force de travail bon marché - qui, grâce à des années d’isolement et de sanctions est un territoire vierge pour les investisseurs étrangers. »

Depuis que la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a fait son « historique » visite au Myanmar en décembre 2011, un thème récurrent des médias a été « les richesses du Myanmar » et « la course pour le Myanmar ». Peu d’autres sujets sont abordés et certainement pas les droits des minorités.

Récemment, la Clinton a tenu une réunion avec le président du Myanmar, sein Thein, qui est maintenant le symbole d’une autre success story pour la diplomatie américaine. À l’ordre du jour des préoccupations des États-Unis se trouvent « le manque de transparence dans l’environnement d’investissement au Myanmar et le rôle des militaires dans l’économie » (CNN, 12 juillet). Thein Sein, cependant, est coupable de péchés beaucoup plus graves, car il produit un discours politique dangereux qui pourrait conduire à plus de meurtres, voire à un génocide. Le président « réformiste » a expliqué aux Nations Unies que « les camps de réfugiés ou la déportation étaient la solution pour près d’un million de musulmans Rohingyas », selon ABC Australia. Il a proposé d’envoyer les Rohingyas au loin « si un pays tiers souhaite les recevoir. »

Les Rohingyas subissent actuellement une des périodes les plus violentes de leur histoire, et leur souffrance est l’un des problèmes les plus urgents de la planète. Pourtant, leur sort est étrangement absent des priorités régionales et internationales, ou est estompé par les vertiges provoqués par « les importantes ressources d’hydrocarbures, de minéraux, de pierres précieuses et de bois », de leur pays.

Pendant ce temps, les Rohingyas sans patrie et sans défense continuent de souffrir et de mourir. Ceux qui ont la chance d’arriver au Bangladesh sont refoulés. Mis à part quelques journalistes courageux - qui ne gobent pas les promesses du pays pour la « démocratie » et autres fariboles - la majorité des journalistes préfèrent tout simplement regarder ailleurs. Cette attitude tragique doit changer immédiatement si jamais la question des droits de l’homme a pour eux la moindre importance.

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*Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

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