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Islam Lover Le respect, l'amour, la fraternité, la justice, la solidarité, le dialogue.... et encore, tels sont les principes nobles de l'islam que nous avons appris dans le Coran et que nous a enseigné notre meilleur exemple : le Prophète saws. L’islam est la religion qu’ALLAH a agréée pour tous les êtres humains. C'est une religion de paix, qui dénonce la terreur, l'injustice, et l'inflexibilité. J'invite toute l’humanité à découvrir l'islam sans préjugés, et j'invite tous les musulmans à éduquer leurs enfants selon les principes nobles et universels de l'islam. Je vous invite à découvrir ici le berceau de mon cœur et je prie ALLAH qu’il soit satisfait de nous pour que nous soyons vraiment la meilleure communauté qu’ait été fait surgir pour les Hommes. Salam alaykoum

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La difficile situation des réfugiés palestiniens au Liban

Par Islam Lover :: mercredi 11 juillet 2012 à 3:34 :: Al-Aqsa dans notre coeur

La difficile situation des réfugiés palestiniens au Liban

Ramzy Baroud


Lorsque la sécurité libanaise a tué Ahmad al-Qasim, 18 ans, à la suite d’un contrôle de papiers, au camp de réfugiés de Nahr al-Bared (Liban-nord) la population palestinienne réfugiée a explosé de colère et de consternation.

(JPG)
Camp de réfugiés de Nahr al-Bared (Liban-nord) [IRIN]

En quelques jours après l’incident du 15 juin, la colère s’est répandue [à d’autres camps] et d’autres réfugiés ont été tués. Fouad Mouhiedine Loubany a été tué le 18 juin, alors qu’une foule de réfugiés suivait les funérailles de la première victime de Nahr al-Bared, près de Tripoli.

Khaled al-Youssef est une autre victime de ces violences, abattu au camp de Ein al-Hilweh, près de Saïda, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Beyrouth. D’autres Palestiniens auraient été blessés par balles, de même que trois militaires libanais.

Les réfugiés palestiniens au Liban existent en marge d’une question politique plus vaste relative aux divisions sectaires, factieuses et familiales irréconciliables que connaît le pays. Ce qui fait qu’il est quelque peu difficile de replacer la tragédie des réfugiés palestiniens au Liban dans un contexte politique univoque. Au Liban, les conflits de longue durée et les alliances politiques sont en perpétuel changement. Dès lors, quand des événements concernant des réfugiés palestiniens ont lieu, la question devient immanquablement l’otage de considérations politiques et de sensibilités factieuses exacerbées. Au lieu de tenter de découvrir le meilleur moyen de s’attaquer aux fondements de tels drames, ou d’examiner la relation entre formes d’aliénation économique, sociale ou autre et la violence politique, la priorité tourne autour du pourrissement de la situation.

 [1]

Et pourtant le problème ne disparaîtra pas de lui-même. 450.000 réfugiés enregistrés par les Nations Unies vivent au Liban. Ils survivent dans la pauvreté, vivant dans une douzaine d’entités pareilles à des camps de concentration. Ils sont privés des droits fondamentaux et manquent même d’horizons politiques minimaux. La plupart de ces réfugiés ont été chassés de Palestine avant 1947-48 par les milices sionistes, qui devinrent plus tard l’armée israélienne. Ce n’est pas un hasard si Nahr al-Bared fut créé en 1949. Depuis ce temps, peu d’efforts ont été consentis pour remédier aux multiples problèmes engendrés par une éviction et une dépossession violentes.

Des années plus tard, les réfugiés palestiniens ont été entraînés dans les conflits libanais existants, d’abord par accident (car il se fait que la majorité des réfugiés sont des musulmans sunnites), ensuite intentionnellement (suite à l’éviction de l’OLP de Jordanie en 1970). Après la guerre d’Israël contre le Liban en 1982 - accompagnée de massacres infâmes comme Sabra et Chatila - le sort des réfugiés a empiré, tombant au niveau de l’abandon complet.

A l’été 2007, l’armée libanaise s’est heurtée au Fatah al-Islam, un groupe extrémiste qui était arrivé à Nahr al-Bared. Selon Amnesty International : « Ces affrontements ont entraîné le déplacement forcé de la population civile du camp, soit environ 30.000 réfugiés palestiniens. De nombreux bâtiments ont été détruits par les affrontements qui ont entraîné la mort de 400 personnes, dont 42 civils et 166 soldats de l’armée libanaise ». (1)

« De nombreux bâtiments ont été détruits » est un euphémisme, puisque le camp n’était plus que décombres, selon un rapport du Daily Star du 22 juin. De nombreux communiqués de presse ont rapporté les faits comme s’il ne s’agissait que d’un affrontement de plus entre armée et groupe inspiré d’Al-Qaïda. Les comptes-rendus ont à peine évoqué le fait que dans l’enceinte des combats se trouvaient des centaines de familles pauvres, dont la plupart se sont retrouvées sans emploi et sans abri.

Cinq années ont passé depuis que Nahr al-Bared a été détruit. Néanmoins beaucoup de ses résidents restent en rade entre un ancien statut de réfugié - en tant que Palestiniens chassés ou fuyant la violence sioniste en Palestine en 1948 - et un nouveau statut de réfugiés, fuyant d’un camp de réfugiés à l’autre. Cette condition de nouvelle et d’ancienne destitution est particulièrement caractéristique de Nahr al-Bared, mais ce n’est pas le seul cas. En réalité il est partagé par beaucoup de réfugiés palestiniens au Liban.

 [2]

Les multiples tragédies qui ont frappé les habitants des camps de réfugiés au Liban tout au long des années donnent un aperçu incontournable sur la nature du problème des réfugiés palestiniens dans le pays. Elles fournissent aussi les pistes pour y remédier. Toutefois la plupart des discussions politiques aujourd’hui sont dénuées de toute substance.

L’écrivain étasunien basé au Liban Franklin Lamb citait une promesse du commandant en chef de l’armée Jean Qahwaji, qui déclarait qu’"une enquête immédiate et rapide déterminerait les coupables et préviendrait la répétition d’un tel événement dans l’avenir". Lamb commente à juste titre : « Forts de l’expérience passée, peu de gens croient que l’enquête sera sérieuse ni même un jour achevée ». Comme par hasard le ministre de l’Intérieur a écarté le lien évident entre les heurts de Nahr al-Bared et ceux de Ein al-Hilweh, les désignant comme une simple ’coïncidence’ (Akhbar al-Youm, 20 juin, référencé par Lamb). Azzam al-Ahmad, cadre de l’OLP et du Fatah palestinien a déclaré au Daily Star lors d’une récente visite au Liban que « les puissances régionales exploitent la détresse des réfugiés palestiniens ... afin de promouvoir leurs propres ordres du jour au Liban ». Il souligne que ces puissances n’incluent pas la Syrie.

Les Palestiniens réfugiés au Liban continuent d’être victimisés par un paysage politique désorienté et une discrimination incontestable par l’Etat. Leur traitement est souvent justifié par l’argument que les réfugié palestiniens sont des « hôtes » temporaires du Liban. Aujourd’hui ces « hôtes » de la troisième génération d’une population recensée par l’ONU - quelque 450.000 réfugiés - se voient refuser le droit de posséder un domicile, d’hériter un terrain ou un immeuble. De nombreuses professions leur sont également fermées. L’état de stagnation économique à peu près totale a eu pour résultat une régression socio-économique, plaçant les réfugiés palestiniens au Liban à un très faible niveau de vie avec très peu de perspectives d’avenir.

Selon un rapport publié le 20 juin dernier - pour coïncider avec la Journée Mondiale des Réfugiés - par la Fondation ANERA (American Near East Refugee Aid) : « les camps de réfugiés palestiniens au Liban sont considérés comme les pires des camps de la région en termes de pauvreté, de santé, d’éducation et de conditions de vie ». ANERA rapporte que deux réfugiés sur trois subsistent avec moins de 6$ par jour, et que la discrimination à leur encontre s’exprime dans de multiples domaines qui vont des soins de santé au logement.

Il est important de noter le rôle que joue Israël dans la souffrance permanente des réfugiés palestiniens au Liban - comme partout ailleurs. Mais la conscience de ce traitement inhumain des réfugiés palestiniens au Liban ne suffit plus. Comme c’est le cas de réfugiés dans le monde entier, les Palestiniens doivent être rapatriés chez eux et recevoir des compensations pour leurs souffrances et leurs pertes multiples. Tant que cet objectif n’est pas atteint, les réfugiés doivent être traités avec dignité et respect - indépendamment des calculs politique de leur pays d’accueil.

La situation pénible des réfugiés palestiniens au Liban doit être traitée avec urgence et détermination. C’est une responsabilité qui doit être partagée entre le gouvernement libanais, les autorités palestiniennes, la Ligue arabe et les Nations Unies. La continuation des négligences et la crise potentielle pourraient se transformer en un conflit à part entière. (1) http://www.amnestyinternational.be/...

(JPG)

*Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Fnac.com

La libération de Mahmoud Sarsak: "Ce n’est pas ma victoire, c’est la vôtre."

Par Islam Lover :: mercredi 18 juillet 2012 à 23:11 :: Al-Aqsa dans notre coeur

Mahmoud Sarsak : mes pensées sont avec mes camarades Akram Rikhawi, Samer Al-Barq, et Hassan al-Safadi

Shahd Abusalama - EI


Rencontre avec Mahmoud Sarsak : "Ce n’est pas ma victoire, c’est la vôtre."

(JPG)
Mahmoud Sarsak portant des médailles, entouré de personnes venues lui manifester leur soutien. L’auteur initial de l’article est la troisième en partant de la droite.


Depuis que nous avons appris que Mahmoud Sarsak serait libéré, les gens à Gaza attendaient ce jour avec impatience, un jour qui entrerait dans l’histoire de la Palestine.

Sarsak retournerait enfin chez lui après avoir été détenu par Israël pendant trois ans sans accusation ni procès, et après une légendaire grève de la faim de trois mois. Sa faim de liberté l’a presque tué. Il est enfin retourné à Gaza le 10 juillet, et je l’ai rencontré le vendredi.

Dans l’attente de la libération de Mahmoud

Le 18 juin, quand j’ai entendu aux infos qu’Israël avait accepté de libérer Mahmoud Sarsak, je me suis précipitée à la tente de solidarité avec les prisonniers près du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Même l’air semblait différent quand je suis sortie. La liberté emplissait l’atmosphère.

La première personne que je reconnue à la tente était l’héroïne Hana Shalabi, une ex-détenue qui avait fait une grève de la faim de 43 jours pour gagner sa liberté, sous condition d’être déportée à Gaza pour trois ans. J’ai couru vers elle et elle m’a prise joyeusement dans ses bras en me disant : « Félicitations pour la libération de Mahmoud ! ». Tout le monde faisait le signe de la victoire et chantait pour la liberté. Un homme est ensuite venu avec un grand plateau de sucreries et s’est mis à les distribuer.

Quand ç’a enfin été le 10 juillet, les chaînes de télévision et radios palestiniennes ont rapporté ce fameux événement. Des milliers de gens ont accueilli Mahmoud au check-point d’Erez, là même où il avait été arrêté il y a trois ans.

Quand l’ambulance est passée du coté de Gaza, Mahmoud est apparu à la fenêtre, un ballon de football dans une main et faisant signe de l’autre à la foule impatiente de le voir.

À la recherche de Mahmoud Sarsak

Bien que je ne supporte pas les longs trajets, vendredi dernier, j’étais assez excitée pour tolérer une heure de route afin de rendre visite à Mahmoud chez lui à Rafah, sachant qu’il ne serait peut être même pas à la maison.

Un groupe d’activistes étrangers m’ont accompagnée dans l’aventure. « Et s’il n’est pas là ? », se demandait mon amie Fidaa, une Américo-Palestinienne militante pour les droits de l’homme. « On attendra qu’il revienne ! », ai-je immédiatement répondu.

Nous sommes arrivés à Star Square, près de la maison de Mahmoud. Il était facile de trouver sa maison avec tous les posters et graffitis répandus un peu partout sur les murs des allées du camp de Rafah.

« Le marié vient de partir pour Gaza City », nous ont dit ses voisins, mais nous étions quand même excités d’être chez lui, là où le « marié » avait grandi, et de pouvoir rencontrer ses parents, qui ont élevé un révolutionnaire.

Les parents de Mahmoud étaient très chaleureux et accueillants. Sa maison était petite et modeste, mais emplie de chaleur et de joie. Elle était pleine de voisins, proches, et étrangers qui, comme nous, avaient voyagé à travers la bande de Gaza pour rencontrer Mahmoud. Beaucoup d’entre nous n’avaient aucun lien avec lui, mais le fait que nous avons tous suivi son combat depuis ses premiers jours de grève la faim nous a fait sentir comme si nous étions connectés à lui. Mahmoud Sarsak, un héros palestinien, est devenu un symbole de notre résistance.

« Les mots ne peuvent pas exprimer la joie que j’ai ressenti quand Mahmoud a retrouvé sa liberté suite à sa détention injuste », me dit sa mère. « C’est comme si mon fils s’était échappé de sa tombe ! Mais Mahmoud n’en avait pas peur. Il avait choisi un combat qui le mènerait soit à la liberté soit au martyre. »

On lui a demandé de quelle manière elle recevait de ses nouvelles pendant sa détention. « Les trois ans ont passé sans que je puisse lui rendre visite une seule fois ; comme toutes les familles de détenus vivant à Gaza, on endure cette même souffrance depuis 2006. Alors on comptait sur le CICR pour avoir des nouvelles sur sa situation. »

Elle a poursuivi : « On n’a pas eu droit à des nouvelles pendant une année entière. Ensuite nous pouvions heureusement recevoir des lettres de Mahmoud transmises par le CICR pendant un court moment, mais je ne sais pas lire. À chaque fois que nous recevions une lettre, son frère Emad s’enfermait dans sa chambre et pleurait pendant des heures. Puis, après qu’il avait repris ses esprits, il venait et me disait de ne pas m’inquiéter, que Mahmoud allait bien et qu’il continuait de jouer au football.

« Pendant la grève de la faim de Mahmoud, j’étais épuisée physiquement et psychologiquement. Mes fils ont dû m’emmener à l’hôpital plusieurs fois. Puis c’est comme si j’étais revenue à la vie quand j’ai appris qu’Israël avait accepté de le libérer sous la condition de mettre un terme à sa grève de la faim. Je prie pour que toutes les mères de détenus connaissent un tel soulagement et puissent célébrer la libération de leurs fils. »

Les visiteurs se faisaient de plus en plus nombreux, alors nous sommes partis pour laisser aux autres l’opportunité de parler avec la merveilleuse mère de Mahmoud.

Une rencontre très inspirante avec Mahmoud

Je ne pouvais pas laisser tomber la rencontre avec Mahmoud en personne si facilement. On avait quand même voyagé depuis l’extrême Nord jusqu’au Sud de la bande de Gaza pour lui ! Donc j’ai appelé son frère Emad, que j’avais déjà rencontré plusieurs fois à la tente. Quand il a décroché, je lui ai dit que je venais de rendre visite à sa famille avec un groupe d’amis, et que nous étions très contents d’avoir rencontré ses parents. Il a apprécié notre visite, et nous a suggéré de le rencontrer dans un restaurant à Gaza. On a accepté l’offre tout excités.

Ne pas oublier les prisonniers en grève de la faim

Nous sommes arrivés au restaurant en fin d’après-midi. Mon cœur battait de plus en plus fort au fur et à mesure que l’heure de la rencontre approchait. J’ai vu Emad qui nous attendait à l’entrée. Il nous a accueillis et nous a présentés à Mahmoud, qui nous a demandé gentiment de nous joindre à sa table.

Être assise en face de lui me rendait très nerveuse, mais aussi fière de pouvoir le regarder dans les yeux en lui parlant. Il portait deux médailles en or et une écharpe qui combinait le drapeau palestinien et le keffieh. « Dieu merci, tu es libéré » lui ai je dit. « Qu’est-ce que ça fait d’être libre à nouveau ? »

« Mon bonheur est incomplet, puisque la révolution des ‘estomacs vides’ est encore en cours », m’a-t-il répondu. « Mes pensées sont avec mes camarades Akram Rikhawi (*), Samer Al-Barq, et Hassan al-Safadi, qui se trouvent en ce moment dans des conditions critiques à Ramla, l’hôpital des prisonniers. J’ai été libéré de là-bas, donc je connais parfaitement la négligence dans les soins envers les détenus. Le service de la prison israélienne ne nous transfère pas pour des traitements, mais pour la torture. »

« Être chez moi m’avait manqué »

Il était si humble que cela apportait beaucoup à son charme. Il n’arrêtait pas de répéter qu’il n’aurait jamais gagné ce combat sans la solidarité populaire et internationale qu’il a reçue. « Ce n’est pas ma victoire, c’est la vôtre. J’ai tiré ma force et mon équilibre de vous. » Il était évident qu’il avait perdu beaucoup de poids, mais il était quand même en bonne santé. Joe Catron, un militant américain qui a rencontré beaucoup de détenus libérés, a dit plus tard qu’il n’avait jamais vu un récent gréviste de la faim en si bonne forme.

Le sourire de Mahmoud ne l’a pas quitté de toute la rencontre. Il nous a accordé toute son attention. Quand je lui ai demandé si Gaza semblait différente après trois ans, il a ri et a dit : « Gaza semble très différente pour moi. C’est une très belle ville en dépit de sa petite taille. J’aime sa plage, son air pur, ses gens aimables. Tout m’a manqué à Gaza. Être chez moi m’avait manqué. »

Un rêve interrompu : on peut résister à travers le sport

Fidaa a demandé à Mahmoud s’il s’attendait à se faire arrêter il y a trois ans quand il passait le check-point d’Erez. « Pas du tout ! », dit-il. « J’étais ravi de pouvoir réaliser mon rêve de pouvoir jouer au football dans une compétition nationale en Cisjordanie, dans le camp de réfugiés de Balata. Quand on m’a appelé à une rencontre pour une question de sécurité, je n’avais pas peur. Je m’attendais à ce qu’ils me demandent de collaborer avec eux. J’étais confiant et m’étais préparé à les repousser. J’étais choqué quand ils m’ont brutalement passé les menottes.

Je l’ai interrompu et dit : « Pourquoi penses-tu avoir été arrêté si tu n’as jamais pris part à la résistance ? »

« La résistance n’est pas forcément une résistance armée », dit-il. « On peut résister avec un stylo, une brosse, la voix, le sport. Nous sommes tous des combattants pour la liberté, mais chacun de nous a sa propre arme. » Sa réponse, passionnée et éloquente, nous a impressionnés encore plus que nous ne l’étions déjà. Il a poursuivi : « Le sport est une forme de résistance non violente. Représenter l’équipe nationale de football de la Palestine faisait de moi une menace pour Israël. L’idée de construire la présence de la Palestine dans le monde du sport m’a toujours passionné. J’ai représenté la Palestine dans plusieurs matchs de football à l’échelle locale et internationale, et j’avais l’honneur d’agiter son drapeau partout où je jouais. »

La foi en la justice renforcée par l’expérience

Plus il parlait, plus je l’admirais, surtout quand je lui ai demandé ce qui avait changé en lui après sa détention. « Ma foi en notre juste cause est devenue plus profonde et plus forte », a-t-il répondu. « Ma détermination pour dévoiler les pratiques inhumaines et fascistes des sionistes ainsi que leurs violations de nos droits humains les plus élémentaires, est devenue ma raison de vivre. »

Il se faisait tard, nous devions mettre un terme à notre captivante conversation. Mahmoud Sarsak est l’une des personnes les plus inspirantes que j’aie rencontrées. Je me souviendrai de chacun de ses mots toute ma vie. Selon lui, nous avons tous contribué à sa victoire. Unissons-nous pour atteindre encore plus de victoires pour Akram Rikhawi, Hassan Al Safadi et Sammer Al-Barq. Faites de ces hommes une raison de vivre, et combattez l’injustice par n’importe quel moyen que vous pouvez utilisez.

Shahd Abusalama, 20 ans, est une artiste palestinienne, bloggeuse et étudiante en littérature anglaise à Gaza City. Être la fille d’un ex-détenu fut pour elle sa première source d’inspiration pour son travail et pour combattre l’injustice à travers ses dessins et ses écrits. Vous pouvez la suivre sur Twitter @shahdabusalama 


(*) La situation de ce prisonnier de Gaza, père de 8 enfants, qui en est à son 97e jour de grève de la faim aujourd’hui est particulièrement préoccupante. Lire plus ici.


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