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Islam Lover Le respect, l'amour, la fraternité, la justice, la solidarité, le dialogue.... et encore, tels sont les principes nobles de l'islam que nous avons appris dans le Coran et que nous a enseigné notre meilleur exemple : le Prophète saws. L’islam est la religion qu’ALLAH a agréée pour tous les êtres humains. C'est une religion de paix, qui dénonce la terreur, l'injustice, et l'inflexibilité. J'invite toute l’humanité à découvrir l'islam sans préjugés, et j'invite tous les musulmans à éduquer leurs enfants selon les principes nobles et universels de l'islam. Je vous invite à découvrir ici le berceau de mon cœur et je prie ALLAH qu’il soit satisfait de nous pour que nous soyons vraiment la meilleure communauté qu’ait été fait surgir pour les Hommes. Salam alaykoum

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Israël nucléaire : image d’horreur apocalyptique

Par Islam Lover :: vendredi 01 juin 2012 à 0:45 :: Al-Aqsa dans notre coeur

Israël nucléaire : image d’horreur apocalyptique


Ismaïl Salam

Imaginez un monde plongé dans les ténèbres et le froid extrême, avec la lumière du soleil assombrie par un épais nuage de poussière. Imaginez un monde replongé dans le chaos. C’est l’image conçue d’un monde abandonné à la déréliction par des armes de fin du monde.

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Selon la théorie de l’Option Samson, Israël se réserve l’option de riposter massivement avec des armes nucléaires au cas où son existence serait gravement menacée par la puissance militaire d’un autre pays - même si le régime refuse d’admettre qu’il possède un important arsenal militaire.

Le premier signe de menace nucléaire date de la guerre du Kippour ("Grand Pardon") en 1973, considérée comme le plus féroce des conflits arabo-israéliens : alors que les forces arabes sont sur le point de défaire les forces israéliennes, la Première Ministre sioniste Golda Meïr ordonne que 13 bombes atomiques soient préparées pour être utilisées soit par des missiles soit par l’aviation. Et le Président Nixon accède à la demande israélienne. En fait, l’option Samson est un plan effrayant conçu par des dirigeants israéliens pour faire tomber le Moyen-Orient et le monde entier si nécessaire, et déclaré « kasher ». Seymour M. Hersh, auteur lauréat du prix Pulitzer, a émis l’hypothèse suivante : « Si la guerre éclatait au Moyen-Orient et si les Syriens et les Egyptiens perçaient à nouveau comme ils l’ont fait en 1973 [guerre du Kippour], ou si une nation arabe tirait à nouveau des missiles sur Israël, comme l’Irak [pendant la guerre du Golfe en 1991], une escalade nucléaire, naguère inconcevable sinon en tout dernier ressort, serait à présent une forte possibilité ».

Le 2 novembre 2011, Israël a testé et tiré un missile qui selon lui serait capable de porter une tête nucléaire et de cibler toute partie du Moyen-Orient, y compris l’Iran.

Les autorités israéliennes maintiennent que le missile à capacité nucléaire peut toucher toute cible dans un rayon de 10.000 km. En d’autres mots, il peut toucher la Russie, la Chine ou n’importe quelle partie de l’Europe.

Il est maintenant de notoriété publique que Tel Aviv est une puissance nucléaire qui dispose d’un vaste arsenal supposé accueillir 300 à 400 têtes nucléaires. Les Israéliens ont longtemps gardé le silence sur la question et refusent toujours de reconnaître l’existence de cet arsenal nucléaire.

Dans son livre plein de révélations « The Samson Option » (1991), Seymour Hersh arguait que l’idée de produire des armes nucléaires a été initiée par le dirigeant militaire Moshe Dayan début 1968. Depuis, Israël s’est mis à produire trois à cinq bombes par an. Après tout, les activités nucléaires illégales d’Israël remontaient à 1950 à Dimona, ville dans le désert du Neguev idéalement localisée pour ce genre d’activités clandestines. Si Hersh a dit vrai, Israël devrait donc posséder à présent plus de 200 bombes atomiques. Le régime sioniste a signé un accord avec la France au début des années ’60 et reçu le matériel nécessaire pour entamer un programme d’armement nucléaire incluant un réacteur, une usine d’extraction de plutonium et la conception. En 1962 les Français ont aidé à construire l’implantation de l’usine de plutonium souterraine, qui fut achevée en 1965. Les Israéliens ont assuré une sécurité rigoureuse autour du périmètre de l’usine nucléaire. En 1973 ils ont abattu un avion de tourisme libyen volant à proximité et tué ses 104 passagers. Le régime a été classé sixième producteur mondial de bombes nucléaires dans les années ’60. Le reste du matériel nécessaire comme l’uranium et l’eau lourde a été fourni par la Norvège, la France et les Etats-Unis.

Une opération au nom de code Plumbat a été exécutée conjointement par le Mossad et LAKAM (une agence de renseignement du Ministère de la Défense israélien spécialisée dans le vol de technologie pour Dimona) pour mener l’effort d’armement nucléaire. Un cargo allemand transportant 200 tonnes d’oxyde d’uranium disparut subitement. Quand il fut retrouvé dans un port turc, le chargement avait disparu. Plus tard il devint évident qu’il avait été transféré sur un navire israélien grâce aux efforts conjoints de Mossad et Lakam.

Avant que Seymour Hersh n’éclaire les aspects cauchemardesques des bombes nucléaires israéliennes, c’est Mordechai Vanunu, un ancien technicien de Dimona qui avait attiré l’attention de la communauté internationale sur le programme d’armement nucléaire israélien, en 1986. Mordechai Vanunu, de gauche et soutenant les droits de l’homme palestiniens, a sorti clandestinement des dizaines d’images et de documents de Dimona et les a transmis au Sunday Times de Londres. Les images et documents prouvaient qu’Israël était en possession d’un arsenal nucléaire assez important, soit 200 bombes thermonucléaires hautement sophistiquées. Ils révélaient également que la capacité de Dimona avait énormément augmenté au fil des années et qu’Israël produisait 1,2 kilos de plutonium par semain, suffisamment pour produire 10 à 12 bombes par an. Toutefois Vanunu a payé le prix fort pour ces révélations et a passé 18 ans en prison, dont 11 années à l’isolement carcéral.

Israël suit une politique d’opacité nucléaire

En d’autres mots, on a conseillé au régime de ne pas faire connaître voire de nier la possession d’armement nucléaire. Bouche cousue est le terme israélien pour politique nucléaire... Dans une réunion secrète entre la Première ministre Golda Meïr et le Président US Richard Nixon, les deux parties ont convenu qu’aussi longtemps qu’Israël refuserait de déclarer publiquement la possession du nucléaire ou les essais, les Etats-Unis supporteraient et dissimuleraient le programme nucléaire du régime. C’est devenu une part indispensable de la politique US-Israël. Néanmoins en 2006, le nouveau Secrétaire à la Défense Robert Gates déclara à une commission sénatoriale, dans un moment d’égarement momentané ( ?), qu’Israël avait des armes nucléaires.

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Mordechaï Vanunu, avec en arrière-plan l’image satellite du centre de Dimona (Silvia Cattori)

En fait cela n’a rien changé au programme nucléaire israélien au cours des années et les autorités de Washington ont exprimé leur soutien constant à Israël et à sa sécurité. En juillet 2011 le Président Barack Obama a même rassuré le Premier ministre Benjamin Netanyahou quant au soutien inconditionnel au régime : « Nous croyons fermement que vu sa taille, son histoire, la région où il se trouve ... Israël a des exigences sécuritaires uniques. Israël doit pouvoir se défendre - par ses propres moyens - contre toute menace ... Et les Etats-Unis ne demanderont jamais à Israël aucune démarche qui menacerait ses intérêts sécuritaires ».

L’histoire du programme d’armement nucléaire israélien est triste et douloureux et le fait que certains pays européens ont secrètement catapulté ce régime dans le cauchemar nucléaire est une honte. En revanche ce qui est encore bien plus honteux, c’est que pendant toutes ces années les USA ont été au courant de ces activités illégales clandestines et les ont même soutenues.

Le pire est encore à venir

Avec 300 à 400 bombes nucléaires Israël a été transporté dans un tableau d’horreur apocalyptique pour tout le Moyen Orient si pas pour le monde entier.

Ismaïl Salami est un écrivain iranien spécialiste du Moyen-Orient, iranologue et lexicographe. Il écrit beaucoup sur les dossiers étatsuniens et moyen-orientaux et ses articles ont été traduits dans un grand nombre de langues.


Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie !

Par Islam Lover :: mardi 05 juin 2012 à 0:40 :: Al-Aqsa dans notre coeur

Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie !

Stop the Wall

Notre frère et fils, Mahmoud Sarsak, est footballeur professionnel, il a 25 ans, il est du camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, et entre dans son 67è jour de grève de la faim. Nous vous demandons de soutenir Mahmoud et son exigence pour un traitement équitable. Votre voix peut contribuer à sauver sa vie et à une petite victoire contre l’injustice.

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Mahmoud Sarsak, prisonnier palestinien grèviste de la faim pour la dignité et la liberté.


Mahmoud est emprisonné par Israël depuis trois ans, après avoir été arrêté par les militaires israéliens le 22 juillet 2009 au check-point d’Erez dans la bande de Gaza alors qu’il rejoignait l’équipe de football nationale palestinienne au camp de réfugiés de Balata en Cisjordanie (près de Naplouse).

Après son arrestation, il a été transféré à la prison d’Ashkelon où il a été interrogé pendant 30 jours, avant d’être mis en détention le 23 août 2009 en application de la « Loi sur les combattants illégaux » d’Israël. Addameer, organisation des droits de l’homme et de soutien aux prisonniers, a déclaré que « en pratique, la Loi sur les combattants illégaux accorde encore moins de protections aux détenus que celles, rares, permises par la détention administrative en Cisjordanie », et elle autorise l’État israélien à tenir enfermé les Palestiniens de Gaza pour des périodes indéterminées sans inculpation ni procès.

Mahmoud a commencé la grève de la faim le 19 mars 2012, pour protester contre sa détention sans inculpation ni procès, exigeant d’être informé des raisons de ses trois années de détention et de pouvoir se défendre, comme c’est son droit le plus fondamental en vertu du droit international. Après avoir commencé sa grève de la faim, il a été transféré à la prison du Naqab le 8 avril, puis mis à l’isolement à la prison d’Eshel. Le 16 avril, il a été conduit à l’hôpital de la prison de Ramleh, en raison de la détérioration de sa santé. Il est aujourd’hui (24 mai) à son 67e jour de grève de la faim, une étape extrêmement dangereuse où il peut mourir à tout moment.

Il est l’un des plus de 4400 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en violation des articles 49 et 76 de la Quatrième Convention de Genève (1), qui interdisent le transfert de personnes sous occupation (les Palestiniens) dans le territoire de l’occupant (Israël). Les violations graves de ces articles sont jugées comme étant des crimes de guerre en vertu du droit international.

(JPG)Pour nous, il est insupportable de voir qu’Israël a été choisi pour accueillir le Championnat d’Europe des moins de 21 ans de l’UEFA en 2013 et qu’il se prépare à participer aux Jeux Olympiques de Londres, pendant que, régulièrement, il arrête, torture, emprisonne et tue des Palestiniens, notamment des joueurs de football, en toute impunité. Ce n’est pas respecter les règles du jeu. Le sport doit faire preuve de solidarité.

En tant que membres de la famille de Mahmoud, nous appelons toutes les personnes de conscience à exiger sa libération immédiate, et à faire pression sur les gouvernements et organisations internationales pour contraindre Israël à se conformer aux normes les plus élémentaires du droit international. En particulier, nous demandons aux autres footballeurs et athlètes de manifester leur soutien à Mahmoud : ne pas se taire quand la cruauté et l’arbitraire des Israéliens anéantissent les aspirations d’un athlète plein d’avenir et qu’ils gardent, dans leurs prisons, des milliers d’êtres humains dans des conditions inhumaines. Nous demandons aux équipes sportives et aux fan-clubs antiracistes de soutenir Mahmoud et tous les prisonniers politiques palestiniens. Votre voix peut contribuer à sauver sa vie et à une petite victoire contre l’injustice.

Il est temps de mettre fin aux crimes israéliens perpétrés en toute impunité, et d’exiger la libération de tous les Palestiniens détenus illégalement par Israël, dont les prisonniers palestiniens qui, à l’instar de notre cher Mahmoud, sont en grève de la faim pour leur dignité et leur liberté.

Mahmoud Kamel Muhammad Sarsak

Père de Mahmoud

Campagne populaire palestinienne contre le Mur d’apartheid


(1)

-  Quatrième Convention de Genève :

-  Article 49. - Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif.

Toutefois, la Puissance occupante pourra procéder à l’évacuation totale ou partielle d’une région occupée déterminée, si la sécurité de la population ou d’impérieuses raisons militaires l’exigent. Les évacuations ne pourront entraîner le déplacement de personnes protégées qu’à l’intérieur du territoire occupé, sauf en cas d’impossibilité matérielle. La population ainsi évacuée sera ramenée dans ses foyers aussitôt que les hostilités dans ce secteur auront pris fin.

La Puissance occupante, en procédant à ces transferts ou à ces évacuations, devra faire en sorte, dans toute la mesure du possible, que les personnes protégées soient accueillies dans des installations convenables, que les déplacements soient effectués dans des conditions satisfaisantes de salubrité, d’hygiène, de sécurité et d’alimentation et que les membres d’une même famille ne soient pas séparés les uns des autres.

La Puissance protectrice sera informée des transferts et évacuations dès qu’ils auront eu lieu.

La Puissance occupante ne pourra retenir les personnes protégées dans une région particulièrement exposée aux dangers de la guerre, sauf si la sécurité de la population ou d’impérieuses raisons militaires l’exigent.

La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle.

-  Article 76. - Les personnes protégées inculpées seront détenues dans le pays occupé et si elles sont condamnées, elles devront y purger leur peine. Elles seront séparées si possible des autres détenus et soumises à un régime alimentaire et hygiénique suffisant pour les maintenir dans un bon état de santé et correspondant au moins au régime des établissements pénitentiaires du pays occupé.

Elles recevront les soins médicaux exigés par leur état de santé.

Elles seront également autorisées à recevoir l’aide spirituelle qu’elles pourraient solliciter.

Les femmes seront logées dans des locaux séparés et placées sous la surveillance immédiate de femmes.

Il sera tenu compte du régime spécial prévu pour les mineurs.

Les personnes protégées détenues auront le droit de recevoir la visite des délégués de la Puissance protectrice et du Comité international de la Croix-Rouge, conformément aux dispositions de l’article 143.

En outre, elles auront le droit de recevoir au moins un colis de secours par mois.


Pour quoi se battent les prisonniers politiques palestiniens?

Par Islam Lover :: mercredi 06 juin 2012 à 2:15 :: Al-Aqsa dans notre coeur

Pour quoi se battent les prisonniers politiques palestiniens


Ameer Makhoul

La bataille d’Adnan pour la vie et la dignité est un modèle qui doit être suivi dans le combat de libération des Palestiniens. Elle dégage des leçons pour celles et ceux qui prennent part à ce combat, notamment les prisonniers et les militants de la solidarité internationale, sur la façon dont leur action peut être intégrée.

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Le cas d’Adnan prouve que la victoire sur le projet colonialiste n’est pas une mission impossible.


Le cas du combattant de la liberté Khadar Adnan nous rappelle où réside la force du peuple palestinien. Une force qui a été dilapidée et gaspillée à la poursuite d’un État aux dépens de la libération nationale. Avec sa grève de la faim historique et sa détermination héroïque dans son combat contre l’État occupant, Adnan a réaffirmé un principe important de la résistance aux régimes colonialistes : quand le peuple ou les individus qui en sont les victimes restent fermes, le monde réagit. La sympathie se transforme en solidarité, laquelle à son tour nourrit un sentiment croissant de soutien à la lutte, capable d’ébranler les bases du système colonialiste.

Son cas confirme aussi le fait que les organismes du colonisateur ne protègent jamais ses victimes. Son projet ne peut être vaincu qu’en brisant la domination de ces organismes et des règles qu’ils appliquent.

La bataille d’Adnan pour la vie et la dignité est un modèle qui doit être suivi dans le combat de libération des Palestiniens. Elle dégage des leçons pour celles et ceux qui prennent part à ce combat, notamment les prisonniers et les militants de la solidarité internationale, sur la façon dont leur action peut être intégrée.

Campagne de défi

Adnan a pris une initiative déclarée illimitée dans le temps pour protester contre son emprisonnement en vertu d’un ordre. Son objectif a été clair : défier à la fois cet ordre et le système d’oppression israélien. Il a voulu aussi faire savoir que les Palestiniens refusent de se soumettre au traitement qui leur est infligé par les autorités de l’occupation.

La campagne qu’il a lancée a illustré comment les composants du combat populaire peuvent être rassemblés. Inspirée par la détermination du prisonnier, la réaction a été rapide. Une campagne populaire de communication et de mobilisation a rapidement été lancée, tant localement qu’internationalement. Des jeunes, dans leurs diversités, et d’autres organisations de terrain s’y sont immédiatement impliqués, à l’instar des familles de prisonniers et de groupements politiques.

Cette mobilisation s’est étendue bientôt à la Cisjordanie, à la bande de Gaza et à Jérusalem. Elle s’est élargie encore à la diaspora palestinienne et a engendré un formidable mouvement dans le monde entier.

Les prisonniers dans les geôles israéliennes ont eux aussi lancé une campagne pour prendre fait et cause pour Adnan, le soutenir et partager la responsabilité. Ils ont fait leurs les principes d’une escalade collective organisée qui a commencé par le rejet de la nourriture et le refus de recevoir des approvisionnements (les autorités pénitentiaires israéliennes ont réagi en fermant les cours à ciel ouvert et en empêchant les prisonniers de sortir de leurs cellules). Un nombre croissant d’entre eux se sont déclarés en grève de la faim illimitée.

Le maillon faible d’Israël

Les prisonniers savaient alors qu’ils ne se battaient pas contre les autorités pénitentiaires en elles-mêmes, mais contre l’État d’occupation en tant que système avec toutes ses extensions et institutions. Cependant, les autorités pénitentiaires sur lesquelles la pression s’exerçait ont été le maillon faible au sein de l’appareil de sécurité. Les prisonniers ont ainsi envoyé un message au gouvernement d’Israël qui lui montrait qu’Adnan parlait en leur nom à tous et qui le mettait en garde contre les conséquences qu’il y aurait à mettre sa vie en danger.

Les autorités pénitentiaires ont à leur tour pressé le gouvernement pour qu’il règle le cas Adnan, aussi vite que possible, afin de prévenir les troubles qui montaient chez les prisonniers. Et effectivement, le message a bien été reçu.

L’appareil de sécurité israélien s’est sérieusement inquiété quand la grève de la faim s’est poursuivie et que les conditions d’Adnan sont devenues critiques. Il ne s’inquiétait pas pour sa vie, mais il craignait que sa mort ne déclenche une nouvelle intifada palestinienne, y compris dans les territoires de 1948.

La stratégie d’une action rapide à volets multiples a fait la preuve de son efficacité. En plus de l’action palestinienne, un rôle majeur et influent a été tenu par les mouvements de la solidarité internationale. Cette pression, associée à la crainte de ce qu’il pourrait se passer si on en arrivait à une explosion de colère chez les Palestiniens, a poussé les États-Unis et des pays européens à faire des déclarations, dans les quelques derniers jours de la grève de la faim, contre la détention administrative d’Adnan.

L’une des forces majeures de la campagne de soutien à Adnan a été de raconter l’histoire personnelle de l’homme, de même que sa vie en politique et son combat, d’une manière qui a réussi à transmettre à la fois sa souffrance et sa détermination. L’histoire d’Adnan a aussi incarné l’essence du vécu des Palestiniens et leur quête pour leurs droits et leur liberté, et elle a servi à révéler l’essence d’Israël pour ce qu’elle est vraiment.

Cela a été bien plus efficace pour faire bouger les gens que les simples faits et chiffres, si importants soient-ils. Le rôle principal dans ce drame a été tenu par le prisonnier lui-même, sa famille, son épouse, son père et ses enfants ont eu, eux aussi, des rôles héroïques.

La faillite de la « modération »

Cette bataille a mis en avant la faillite du discours de « modération » qu’Israël et les États-Unis ont imposé à la direction palestinienne officielle. Cette position modérée est prétendument celle qu’il nous faut adopter si nous, les Palestiniens, nous souhaitons nous assurer un soutien international. En pratique, cela signifie pour nous d’accepter volontairement les contrôles oppressifs imposés par le terrorisme globalisé de l’État. La « modération » ici signifie l’abandon du droit à résister contre l’État occupant.

Alors que ce à quoi nous venons d’assister, c’est justement que le monde apporte son soutien aux Palestiniens quand ceux-ci se battent et tiennent fermes, quelle que soit leur adhésion politique. La capacité à émouvoir, faire bouger l’opinion publique internationale et à s’assurer une solidarité efficace et large ne résulte pas d’une stratégie de relations publiques, mais d’un véritable combat sur le terrain pour se lever contre la machine colonialiste oppressive.

Dans tous les cas où une détention administrative israélienne sur ordre militaire - ou tout autre mesure d’urgence telle que l’interdiction de voyager ou d’entrer dans les territoires occupés par Israël en 1967 - a été contestée devant les tribunaux, la Cour suprême israélienne a, systématiquement, soutenu la politique de l’armée, des services de sécurité et des renseignements.

Ce qu’il se passe au tribunal, c’est que le juge demande au Palestinien qui l’a saisi contre l’ordre, qu’il soit un citoyen israélien ou pas, d’autoriser les juges israéliens à avoir une « preuve secrète », une preuve dont les victimes et leurs avocats ne sont pas autorisés à avoir connaissance. Si la victime est d’accord, les juges prennent leur décision sur la base de cette « preuve secrète » et, invariablement, ils suivent les conclusions des agences de sécurité, présentées normalement au nom du ministre concerné ou de la direction militaire.

Si la victime refuse de croire en l’honnêteté ou la crédibilité de l’État occupant, la contestation devant la justice est close, les juges déboutent la victime et lui imputent la charge de son échec.

Des idées dangereuses

Durant la campagne d’Adnan, un certain nombre de dirigeants politiques palestiniens, de militants des droits de l’homme et d’organes de presse ont utilisé l’argument que si Israël avait une preuve quelconque contre Adnan, il lui fallait le traduire devant un tribunal ordinaire. D’autres ont suggéré que la réussite de sa campagne devait en inspirer une autre contre l’usage des ordres de détention administrative en général.

Ce sont là des idées dangereuses, particulièrement quand elles émanent de personnes importantes et influentes. Israël est un État occupant et une entité colonialiste. Même le droit international protège les victimes d’une occupation et interdit qu’elles soient transférées dans des prisons à l’intérieur des frontières de l’État occupant. Par conséquent, que ce soit la détention administrative ou une prison « ordinaire » de l’occupation, c’est tout autant illégal.

Par ailleurs, que signifie cette prétendue « preuve » ici ? La preuve d’une résistance à l’occupation ? Mais résister à une occupation est légitime : ce sont l’occupation et la colonisation israéliennes, elles et leurs tribunaux, qui sont illégitimes. Les milliers de prisonniers palestiniens et arabes dans les geôles israéliennes auraient-ils été condamnés légitimement ? Ils ont tous été jugés sur la base d’une « preuve » qui est principalement secrète et que ni eux ni leurs avocats n’ont été autorisés à connaître.

Et il y a un autre facteur. Des études universitaires israéliennes ont établi sans équivoque l’ampleur d’une discrimination scandaleuse dans les condamnations infligées par les juges en matière pénale. Ces condamnations prononcées contre les citoyens palestiniens d’Israël sont bien plus sévères que pour les condamnés israéliens juifs. Alors qu’a-t-on à attendre lorsque le juge qui représente l’État occupant se prononce sur une accusation de résistance à l’encontre des victimes de cette occupation ?

Notre combat

La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.

Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.

La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés.

Le cas d’Adnan prouve que la victoire sur le projet colonialiste n’est pas une mission impossible. Elle est possible. Et il a renoué avec l’espoir, il a renforcé cet espoir que le peuple palestinien est capable de dynamiser son libre-arbitre, sa volonté pour la victoire. 

Syrie: "Le régime ne contrôle plus ses supplétifs"

Par Islam Lover :: vendredi 08 juin 2012 à 1:12 :: Actualité

Le dossier syrien qui occupe toujours et depuis un an et demi la une de l'actualité internationale et arabe est un dossier assez compliqué et délicat. entre influences étrangères, rebellion civile pacifique, printemps arabe, revendication de droits légitimes et armement, la situation actuelle ne promet pas une issu du dossier, la violence a atteint des sommets inimaginables et des vies innocentes paient le prix de tirailles entre parties opposées. la vérité quant à elle est perdu, et d'innombrables questions s'imposent sur la crédibilité de l'information proposée par les medias, en attendant une véritable résolution du probleme, prions tous pour les vies innocentes, que les massacres et les carnages quotidiens emportent, et que dieu dévoile la vérité et punisse tout injuste.

islamlover

APRÈS LES MASSACRES DE AL-KOUBEIR ET HOULA

Syrie: "Le régime ne contrôle plus ses supplétifs"

Propos recueillis par , publié le 07/06/2012 à 17:31, mis à jour à 19:56  

L'Express

Syrie: "Le régime ne contrôle plus ses supplétifs"Syrie- Les condamnations se sont multipliées après les massacres de Houla, le 25 mai et d'Al-Koubeir, mercredi. Après avoir autant soufflé sur les braises communautaires, le régime est incapable de contrôler ces hommes de main et tous les dérapages sont envisageables.

afp.com/Shaam News

Un nouveau massacre a été perpétré en Syrie mercredi. L'opposition accuse les chabihas, supplétifs du régime de Bachar el-Assad, qui dément et accuse des terroristes. Questions à Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie, sur l'engrenage de la violence et les risques de "libanisation" du conflit. 

Une centaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont ététuées mercredi dans un massacre à Al-Koubeir, dans la région de Hama, selon l'opposition syrienne. Un précédent massacre, à Houla, les 25 et 26 mai avait fait plus d'une centaine de victimes. L'opposition accuse les milices pro-régime, les chabiha, Damas un "groupe terroriste". Pour en savoir plus, L'Express a interrogé Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie. 

Dans quel contexte se sont produits les massacres de Houla et Al-Koubeir?

Il s'agit d'une région où plusieurs groupes confessionnels sont en contact, principalement des sunnites (majoritaires dans le pays) et des alaouites (la minorité dont est issue le clan du président Bachar el-Assad). Il s'agit de la région comprise entre Lattaquié et Idleb au nord, Hama à l'est, Homs et Tartous au sud. Dans ce secteur, les différents groupes de populations sont imbriqués les uns aux autres. Avec l'accentuation de la violence, les tensions s'aggravent de jour en jour. 

Google map

L'opposition accuse les chabihas. Que signifie ce terme?

Il est équivoque. Il signifie quelque chose comme "frimeurs", mais rappelle aussi le mot arabe chabh (fantôme), surnom donné par les Syriens aux grosses Mercedes aux vitres fumées que conduisent les hommes des renseignements et leurs proches. L'origine de ces miliciens pro-régime remonte à l'occupation du Liban par la Syrie, qui a donné lieu à de nombreux trafics. Des gangs pratiquant la contrebande se sont développés sur la côte, bénéficiant de la tolérance du régime. Parmi eux, certains étaient contrôlés par des membres du clan Al-Assad. Deux de ces chefs de gang les plus redoutables étaient les fils du propre frère d'Hafez el-Assad, Jamil Al-Assad. Dans les années 1990, le mécontentement des habitants de la région côtière face aux agissements de ces bandes à contraint le régime à sévir contre elles, sans pour autant les détruire. 

Au début du soulèvement au printemps 2011, le régime a fait appel à certains de ces groupes, surtout à Lattaquié, mais aussi à Homs et Damas. Ils intervenaient en civil et s'attaquaient aux opposants dans les manifestations. 

A mesure que les violences ont augmenté, le terme chabiha a pris un sens plus large. L'opposition qualifie désormais ainsi tous les civils pro-régime qui s'en prennent aux opposants. En dehors des régions à forte population alaouite, ces nervis ne sont pas toujours issus de ce groupe confessionnel. Ainsi, à Alep où les Alaouites sont très peu nombreux, ces groupes, recrutés dans des tribus bédouines sunnites, ont une relation vénale avec le régime et le lâcheront s'ils le sentent trop affaibli. 

Dans le secteur où les massacres ont eu lieu, l'armée a-t-elle perdu la main sur les supplétifs qu'elle a recrutés?

Tout d'abord, il faut savoir que certaines unités de l'armée syrienne se comportent souvent comme des milices. On a vu des vidéos circulant sur internet montrant des convois de soldats qui sortaient de villages qu'ils avaient pillés. 

D'autre part, l'armée ne peut pas compter sur la totalité de ses effectifs: la majorité du pays étant sunnite, la base de la troupe l'est aussi, même si l'essentiel de l'état-major est alaouite. Il est d'ailleurs fort probable que de nombreuses unités restent cantonnées dans leurs casernes. 

Le régime de Bachar el-Assad a fait appel à des volontaires, pour aller combattre à Homs, par exemple. Après avoir autant soufflé sur les braises communautaires, le régime est incapable de contrôler ces hommes de main et tous les dérapages sont envisageables. 

La version du régime, qui accuse des groupuscules terroristes (sunnites) d'être les auteurs des massacres, me paraît totalement invraisemblable. Le village de Houla où a eu lieu le précédent massacre est une zone sunnite, centre de nombreuses manifestations et foyer de l'ASL. 

Peut-on craindre que la Syrie ne sombre dans la guerre civile?

Dans le secteur ou se sont produits les deux derniers massacres, une dynamique de divisions confessionnelle à la libanaise est à l'oeuvre. Les tensions sont de plus en plus vives entre les communautés et cela d'autant plus que les pertes importantes subies par l'armée ces dernières semaines induisent chez les alaouites un sentiment croissant de vulnérabilité. Une telle radicalisation est beaucoup moins probable dans les autres régions de la Syrie, soit parce qu'elles sont plus homogènes en termes confessionnels, soit parce que les minorités autres que les alaouites (chrétiens, druzes, ismaéliens) n'ont guère été mobilisées pour réprimer l'opposition.  

Thomas Pierret, docteur en Sciences politiques de l'IEP de Paris et de l'Université catholique de Louvain, est actuellement maître de conférences à l'Université d'Édimbourg. Il est l'auteur de Baas et Islam en Syrie, PUF, 2011. 

 



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Le massacre de Houla en Syrie, étape délibérée d’une stratégie assumée (1/4)

Par Islam Lover :: mardi 12 juin 2012 à 1:18 :: Actualité


Le massacre de Houla en Syrie, étape délibérée d’une stratégie assumée (1/4)

Le massacre commis à Houla, dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 mai, au cours de laquelle plus d'une centaine de civils, dont une cinquantaine d'enfants de moins de 10 ans et plus d'une trentaine de femmes, ont été froidement exécutés, a suscité partout dans le monde, sauf parmi les responsables russes qui en ont fait et en ont vu d'autres, un sentiment d'horreur.

Préparation des funérailles des victimes de Houla

Ce sentiment a été accentué par les déclarations de Jihad Maqdisi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères. Il a tenté, le 27 mai, de convaincre les journalistes syriens, ce qui n'est pas difficile, mais également les rares représentants des médias étrangers, ce qui l'est davantage, que l'armée syrienne ne pouvait porter la responsabilité de cette opération qui était contraire à ses principes et à ses modes d'action. Elle avait pour mission de protéger les citoyens et non de les agresser.

Il a finalement été porté à son comble par les propos tenus par Bachar Al Assad à Kofi Annan, désespérément accroché à son Plan comme à l'unique bouée de sauvetage disponible dans un océan démonté. Comme il le fait depuis le début du soulèvement populaire, le chef de l'Etat syrien a justifié un agissement aussi scandaleux en menaçant implicitement de le reproduire ailleurs, aussi longtemps qu'il croirait apercevoir dans son pays un seul de ces "terroristes" dont il dénonce la main derrière la contestation de sa légitimité depuis un an et trois mois.

Kofi Annan reçu par Bachar Al Assad

Or cette affaire est claire. Comme il l'a fait à de multiples reprises depuis le soulèvement de Daraa, le 18 mars 2011, le régime syrien a délibérément laissé agir, sous la protection de ses forces dites de sécurité et d'unités d'une armée dévoyée, des tueurs arrivés sur les lieux pour assouvir une vengeance et leur haine confessionnelle, sans se douter, peut-être, qu'ils apportaient ainsi leur contribution à une stratégie assumée en haut lieu, déjà mise en oeuvre ailleurs, à Homs et à Tall Kalakh en particulier.

Avant de revenir sur cette stratégie, il convient de se pencher sur les lieux où s'est déroulée cette nouvelle tragédie, d'entendre le récit des faits par les proches de victimes et les témoins, de rappeler que cette affaire s'inscrit dans une longue série d'autres abominations commises par les militaires, moukhabarat et autres chabbihaà la solde du pouvoir, et de redire ce qu'on sait de la fabrication du terrorisme et de la manipulation des "terroristes" en Syrie. On comprendra alors comment ces éléments s'imbriquent et donnent une logique à ces meurtres insensés.

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1 / Visite des lieux

La région de Houla est une vaste étendue agricole fertile qui s’étend à l’ouest de l’Oronte en direction du mont Hélou. Elle est située à la limite des deux gouvernorats de Homs et Hama, et elle est composée de plusieurs bourgs, villages et hameaux, dont la population est homogène et partage les mêmes coutumes sociales, mais appartient à des communautés confessionnelles différentes.

Taldou et la plaine de Houla

Le principal centre commercial de la région est Taldou, chef-lieu d’une commune du gouvernorat de Homs, à 25 km au sud-est. Le lac de Houla, au sud de Taldou, est une retenue d’eau naturelle dans laquelle s’accumulent les pluies d’hiver et dont les agriculteurs utilisent les réserves, durant l’été, pour irriguer leurs vergers et leurs champs. A 3 km au nord-ouest, Kafr Laha est la plus grande municipalité de la région. Comme Taldou, elle est traversée par la route qui relie Homs à Masyaf et qui conduit au-delà à Baniyas. Ces deux agglomérations sont entourées par Tall Dahab, au nord, Filleh et Tibeh al Gharbiyeh, à l’ouest, Qabou et Qanaqiyeh au sud-ouest, Chariqliyeh et Tlil au sud, Borj, Talaf, Samaallil, Akrad Sannineh, etc.

La région produit des olives, des céréales, des agrumes, du raisin, des grenades et du coton. On y pratique l’élevage des bovins et des ovins. Elle abrite aussi plusieurs poulaillers industriels et des ruchers. Dans le lac de Houla, des pisciculteurs élèvent des carpes. Elle constitue de ce fait une sorte de grenier, indispensable à l'approvisionnement du gouvernorat de Homs et des villages qui s’étendent entre cette ville et le mont Hélou. Faute de travail sur place, la main d’œuvre excédentaire a été contrainte de s'expatrier, notamment en Arabie saoudite. Les spécialités locales sont la fabrication de mobilier domestique et, de manière générale, tous les travaux de menuiserie.

Avec ses différents villages, Houla a été l’une des premières régions de Syrie à rejoindre la contestation (ici une vidéo de la manifestation du "Vendredi de la Fierté", 25 mars 2011). L’armée et les services de sécurité y ont rapidement pris position. Leurs interventions y ont été brutales. Elles ont été accompagnées de meurtres, d'assassinats collectifs et d'arrestations, comme le "Vendredi des Prisonniers de la Liberté" (15 juillet 2011), où plus de 30 personnes, hommes, femmes et enfants, ont été tuées et des dizaines d'autres blessées. Mais elles ne sont pas parvenues à infléchir la résolution de ses habitants. Ceux-ci ont poursuivi leurs manifestations jusqu’à ce que, du fait de la sauvagerie de la dernière répression et du grand nombre de ses victimes, Houla polarise soudain l’intérêt du monde entier.

2 / Déroulement des faits

Selon les témoignages recueilis auprès des habitants des lieux, vendredi 25 mai, placé sous le slogan "Damas, notre rendez-vous approche", Taldou et la région de Houla ont vu se dérouler une manifestation impressionnante. Un grand nombre d’habitants y ont participé, en dépit des barrières de sécurité et de la présence, désormais habituelle, d’armes lourdes et de blindés autour de l'agglomération. Peu de temps avant la dispersion des manifestants, entre 13h30 et 15h00, des obus ont commencé à s'abattre un peu partout, tandis que des coups de feu partaient des différents barrages blocant l'accès à la localité. Les soldats et les moukhabarat ont finalement occupé la ville dont les habitants ont été contraints à chercher refuge chez eux.

Bombardement de Taldou

Tirs et bombardements se sont poursuivis avec intensité jusqu’au milieu de la nuit, soit durant près de 10 heures d’affilée. Les obus provenaient du village de Qabou, au sud-ouest, d'où des éléments des Forces Spéciales arrivés en grand nombre ont fait mouvement vers le bourg. Ils affirmaient avoir été "appelés à l’aide par des citoyens pour lutter contre des incendies". Ils se comportaient avec brutalité. Ils cherchaient visiblement à terroriser les habitants. Ils ont pris le contrôle des places et des rues sans rencontrer de résistance. Ils ont bouclé les accès et dressé partout de nouvelles barricades.

D'autres obus provenaient d’une colline qui surplombe au nord-ouest le village de Qarmas, une bourgade dont les habitants sont inféodés au régime, et du village de Filleh, situé immédiatement à l’ouest du lac de Houla. Taldou a aussi été touchée par des missiles tirés, les uns depuis l’Ecole de Guerre de Homs, comme l’ont attesté des habitants de la région d’Al Wa’ar où se trouve cette école, les autres du village de Khirbat al Souda, à l’ouest de cette même ville.

Pendant ce temps, des avions survolaient le village en franchissant le mur du son. Leurs explosions se mêlaient au vacarme des chars T72 et des Shilka (des blindés russes équipés de canons anti-aériens) qui tiraient sans discontinuer. Les francs-tireurs positionnés à l’intérieur de l’agglomération ouvraient le feu sur tout ce qui bougeait.

Un Shilka de l'armée syrienne

Peu de temps avant la nuit, plusieurs pickups de couleur blanche sont entrés à Taldou. Ils transportaient des hommes en armes. Ils venaient des villages de Qabou, au sud, de Filleh, d’Al Charqiyeh et de Masiaf al Boustan à l’ouest, et de Cheniyyeh. Certains de ces hommes étaient vêtus de treillis semblables à ceux de l’armée. D’autres portaient des costumes noirs. Ils ont aussitôt envahi les maisons. Ils ont tué des familles entières, tirant sur les uns à bout portant, égorgeant les autres, utilisant leurs baïonnettes... Maintenus chez eux et terrorisés par les bombardements, les habitants du village étaient dans l'ignorance de ce qui se passait à l’extérieur.

Les chabbiha ont attaqué en priorité les maisons situées en périphérie du village, en particulier dans le quartier qui fait face à l’Hôpital national, et dans le quartier Nasiriyeh. Ils ont mis le feu aux terrains agricoles, aux champs d’oliviers entourant les maisons de leurs victimes et à quelques habitations. Ils ont aussi tué un grand nombre de têtes de bétail, vaches et moutons.

Lorsque le bombardement a cessé, à l’approche de l’aube, les gens ont commencé à sortir de chez eux. Ils ont découvert ce qui s’était passé et l'ampleur de la tuerie. Ils ont trouvé des dizaines d’enfants et de femmes assassinés à l’intérieur de leurs maisons, sans compter les victimes directes des bombardements aveugles. Il était impossible de procéder au sauvetage des blessés, puisque l’armée et la sécurité contrôlaient l’hôpital public, que les chabbiha ont d’ailleurs finalement incendié.

Durant le bombardement et après la découverte du massacre, un certain nombre de familles ont tenté de fuir en direction des terres agricoles situées à l’est. Mais elles ont été poursuivies et liquidées par des chabbiha. Les gens sont encore occupés, à l’heure actuelle, à ratisser les champs. Ils y découvrent de nouveaux cadavres d’enfants, de femmes et de personnes âgées.

Le premier décompte a permis de dénombrer 92 martyrs, dont 32 enfants de moins de 10 ans. Certaines familles ont été totalement éradiquées.

Funérailles des victimes de Houla


3 / Imputation du massacre

Selon des témoins, les meurtriers sont des chabbiha originaires des villages voisins. Ils ont agi par haine confessionnelle et par désir de vengeance. Des habitants du village de Qabou avaient en effet promis de venger ce qu'ils considéraient comme le meurtre de l'un des leurs, un chauffeur de taxi résidant à Karm al Zitoun, à Homs, retrouvé mort, le 22 mai, dans la campagne. Des gens de Taldou, qui l'avaient découvert sans savoir qui il était, avaient rapporté sa dépouille, l'avait déposée dans une mosquée puis l'avait enterrée conformément aux coutumes musulmanes. Des proches du défunt étaient arrivés quelque temps plus tard, accompagnés dechabbiha. Ils avaient profané le cimetière et récupéré le corps. Ils avaient accusé les habitants de la ville de l’avoir assassiné et promis de venger sa mort. Ils avaient profité de la présence de l’armée et de l’opération militaire pour mettre leur menace à exécution : ils étaient entrés dans le village et avaient commis ce massacre.

Des chabbiha en représentation devant la Bibliothèque Al Assad à Damas

Les habitants de Taldou savent que les criminels venaient les uns du village de Qabou, les autres de Qanaqiyeh, entre Qabou et Al Charqiyeh. L’armée n’avait rien fait pour les arrêter. Les mêmes individus avaient déjà perpétré un massacre dans le village, cette fois-là avec des chabbiha de la région de Wadi al Dahab et d’Al Nuzha, près de Homs. Protégés par des militaires et des moukhabarat, ils avaient tué et égorgé 11 employés d’une usine de Houla. Les survivants avaient reconnus quelques uns d’entre eux parmi les voyous qui épaulaient cette fois-ci les chabbihade Qabou.

Ce récit est corroboré par le témoignage d'habitants de Mariamin, qui ont raconté que les femmes et les vieillards de ce village avaient tout fait pour dissuader deschabbiha connus comme tels de participer à l’attaque de Taldou. Mais, alors qu’ils étaient parvenus à les convaincre, des agents des services de sécurité étaient venus les chercher chez eux. Les habitants de Mariamin connaissent l'identité des individus en question, qui n'en sont pas non plus à leur coup d’essai. Ils avaient naguère édifié une barricade au centre de leur village et participé à des dégradations, des vols et des pillages dans le village voisin de Tibeh. Pour prévenir une détérioration de la situation, les notables de Mariamin avaient été obligés de prendre contact avec ceux de Tibeh, de présenter des excuses et de dédommager les victimes.

Les habitants de Mariamin entretiennent de bonnes relations avec ceux de Houla. Deux jours avant le massacre, un jeune homme de ce village avait été arrêté alors qu’il tentait d’apporter du levain pour permettre à l'une des boulangeries de Taldou de fonctionner. Le jour même du massacre, un autre avait été attrapé par lesmoukhabarat alors qu’il acheminait des produits médicaux et des secours à l'intention de certains habitants du village. 

Des observateurs de l'ONU dans une rue de Taldou

Durant la tuerie, des activistes avaient pris contact avec les observateurs internationaux. Ils les avaient pressés de se rendre à Houla sur le champ pour y constater les crimes et les destructions qui s’y perpétraient. Mais ils ne sont arrivés que le lendemain. Selon des activistes de Homs, les observateurs avaient déclaré qu’ils n’étaient pas en mesure de parvenir immédiatement sur les lieux. Ils devaient auparavant s'entretenir avec le gouverneur de Homs et lui demander de faire cesser le bombardement. Quand ils sont arrivés, le jour suivant, ils ont assisté à l’enterrement des victimes dans une fosse commune.

Les gens évoquent aujourd’hui 116 martyrs. Un certain nombre de corps ont en effet été découverts dans les champs et les vergers. Mais leur nombre est appelé à s’élever encore. Des rescapés de Taldou sont partis se réfugier dans les villages environnants, plus à l’est. Des blessés ont été évacués vers des zones éloignées. Pour la plupart atteints de blessures graves, ils ont besoin d’opérations chirurgicales. Certains ont dû être amputés.

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Dernier "détail" : alors que le porte-parole du ministère syrien des Affaires etrangèes a versé des larmes de crocodiles, dans sa conférence de presse du 27 mai, sur les civils assassinés... et sur les militaires qui avaient selon lui perdu la vie dans l'agression menée contre Taldou par les "terroristes", le gouvernement syrien n'a pas pris la peine d'envoyer le moindre représentant aux funérailles des victimes de ce crime abominable.

Faute de pouvoir lui poser directement la question, a-t-on le droit de se demander pourquoi ?

 (A suivre) 


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