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Islam Lover

Islam Lover Le respect, l'amour, la fraternité, la justice, la solidarité, le dialogue.... et encore, tels sont les principes nobles de l'islam que nous avons appris dans le Coran et que nous a enseigné notre meilleur exemple : le Prophète saws. L’islam est la religion qu’ALLAH a agréée pour tous les êtres humains. C'est une religion de paix, qui dénonce la terreur, l'injustice, et l'inflexibilité. J'invite toute l’humanité à découvrir l'islam sans préjugés, et j'invite tous les musulmans à éduquer leurs enfants selon les principes nobles et universels de l'islam. Je vous invite à découvrir ici le berceau de mon cœur et je prie ALLAH qu’il soit satisfait de nous pour que nous soyons vraiment la meilleure communauté qu’ait été fait surgir pour les Hommes. Salam alaykoum

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Quatre heures à Chatila 4

Par Islam Lover :: mercredi 08 février 2012 à 3:06 :: Al-Aqsa dans notre coeur

L'histoire est le témoin le plus fidèle quant à la barbarie d'Israël et du sionisme. Sabra et Chatila demeureront à tout jamais des souvenirs cruels dans la mémoire de tout musulman. Le récit en est fait ici par Jean genet, dans un style à la fois fort de sens et d'émotions...

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Quatre heures à Chatila


Jean Genet


Note de la rédaction - Du 16 au 18 septembre 1982, l’horreur s’est abattue dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Durant plus de 40 heures, près de 3000 Palestiniens ont été décimés par des miliciens phalangistes libanais armés et protégés par les forces d’occupation israéliennes. Un massacre planifié et orchestré par l’armée israélienne.

En septembre 1982, Jean Genet accompagne à Beyrouth Layla Shahid, devenue présidente de l’Union des étudiants Palestiniens. Le 16 septembre ont lieu les massacres de Sabra et Chatila par les milices libanaises, avec l’active complicité de l’armée israélienne qui vient d’envahir et d’occuper le Liban . Le 19 septembre, Genet est le premier Européen à pouvoir pénétrer dans le camp de Chatila. Dans les mois qui suivent, il écrit « Quatre heures à Chatila », publié en janvier 1983 dans La Revue d’études palestiniennes. 
Ce texte magnifique, réquisitoire implacable contre les responsables de cet acte de barbarie, ne commence pas par évoquer l’horreur du charnier. Il commence par le souvenir des six mois passés dans les camps palestiniens avec les feddayin, dix ans avant le massacre de Sabra et Chatila.

(JPG)
Jean Genet



De nombreuses questions restent posées : 
Si les Israéliens n’ont fait qu’éclairer le camp, l’écouter, entendre les coups de feu tirés par tant de munitions dont j’ai foulé les douilles (des dizaines de milliers), i tirait réellement ? Qui, en tuant, risquait sa peau ? Phalangistes ? Haddadistes ? Qui ? Et combien ? 
Où sont passées les armes qui ont fait toutes ces morts ? Et où les armes de ceux i se sont défendus ? Dans la partie du camp que j’ai visitée, je n’ai vu que deux armes anti-char non employées. 
Comment sont entrés les assassins dans les camps ? Les Israéliens étaient-ils à toutes les issues commandant Chatila ? En tout cas, le jeudi ils étaient déjà à l’hôpital de Acca, face à une ouverture du camp. 
On a écrit, dans les journaux, que les Israéliens sont entrés dans le camp de Chatila dès qu’ils ont connu les massacres, et qu’ils les ont fait cesser aussitôt, donc le samedi. Mais qu’ont-ils fait des massacreurs, qui sont partis où ? 
Après l’assassinat de Béchir Gemayel et de vingt de ses camarades, après les massacres, quand elle sut que je revenais de Chatila, madame B., de la haute bourgeoisie de Beyrouth, vint me voir. Elle monta - pas d’électricité - les huit étages l’immeuble - je la suppose âgée, élégante mais âgée. 
-  Avant la mort de Béchir, avant les massacres, vous aviez raison de me dire que le pire était en marche. Je l’ai vu. 
-  Ne me dites surtout pas ce que vous avez vu à Chatila, je vous en prie. Mes nerfs sont trop fragiles, je dois les ménager afin de supporter le pire qui n’est pas encore arrivé. 
Elle vit, seule avec son mari (soixante-dix ans) et sa bonne dans un grand appartement à Ras Beyrouth. Elle est très élégante. Très soignée. Ses meubles sont de /le, je crois Louis XVI. 
-  Nous savions que Béchir était allé en Israël. Il a eu tort. Quand on est chef d’état élu, on ne fréquente pas ces gens-là. J’étais sûre qu’il lui arriverait malheur. Mais je ne veux rien savoir. Je dois ménager mes nerfs pour supporter les coups terribles qui ne sont pas encore venus. Béchir devait retourner cette lettre où monsieur Begin l’appelait son cher ami. 
La haute bourgeoisie, avec ses serviteurs muets, a sa façon de résister. Madame B. et son mari ne « croient pas tout à fait à la métempsychose ». Que se passera-t-il s’ils renaissent en forme d’Israéliens ? 
Le jour de l’enterrement de Béchir est aussi le jour de l’entrée à Beyrouth-Ouest de l’armée israélienne. Les explosions se rapprochent de l’immeuble où nous sommes ; finalement, tout le monde descend à l’abri, dans une cave. Des ambassadeurs, des médecins, leurs femmes, les filles, un représentant de l’ONU au Liban, leurs domestiques. 
-  Carlos, apportez-moi un coussin. 
-  Carlos, mes lunettes. 
-  Carlos, un peu d’eau. 
Les domestiques, car eux aussi parlent français, sont acceptés dans l’abri. Il faut peut-être aussi les sauvegarder, leurs blessures, leur transport à l’hôpital ou au cimetière, quelle affaire ! 
Il faut bien savoir que les camps palestiniens de Chatila et de Sabra, c’est des kilomètres et des kilomètres de ruelles très étroites - car, ici, même les ruelles soin si maigres, si squelettiques parfois que deux personnes ne peuvent avancer que si l’une marche de profil - encombrées de gravats, de parpaings, de briques, de guenilles multicolores et sales, et la nuit, sous la lumière des fusées israéliennes qui éclairaient les camps, quinze ou vingt tireurs, même bien armés, n’auraient pas réussi à faire cette boucherie. Les tueurs ont opéré, mais nombreux, et probablement des escouades de tortionnaires qui ouvraient des crânes, tailladaient des cuisses, coupaient des bras, des mains et des doigts, traînaient au bout d’une corde des agonisants entravés, des hommes et des femmes vivant encore puisque le sang a longtemps coulé des corps, à tel point que je ne pus savoir qui, dans le couloir d’une maison, avait laissé ce ruisseau de sang séché, du fond du couloir où était la mare jusqu’au seuil où il se perdait dans la poussière. Etait-ce un Palestinien ? Une femme ? Un phalangiste dont on avait évacué le corps ? 
De Paris, surtout si l’on ignore la topographie des camps, on peut en effet douter de tout. On peut laisser Israël affirmer que les journalistes de Jérusalem furent les premiers à annoncer le massacre. En direction des pays arabes et en langue arabe comment le dirent-ils ? En langue anglaise et en français, comment ? Et précisément quand ? Quand on songe aux précautions dont on s’entoure en Occident dès qu’on constate un décès suspect, les empreintes, l’impact des balles, les autopsies et contre-expertises ! A Beyrouth, à peine connu le massacre, l’armée libanaise officiellement prenait en charge les camps et les effaçait aussitôt, les ruines des maisons comme celles des corps. Qui ordonna cette précipitation ? Après pourtant celle affirmation qui courut le monde : chrétiens et musulmans se sont entretués, et après que les caméras eurent enregistré la férocité de la tuerie.

L’hôpital de Acca occupé par les Israéliens, en face d’une entrée de Chatila, n’est pas à deux cents mètres du camp, mais à quarante mètres. Rien vu, rien entendu, rien compris ? 
Car c’est bien ce que déclare Begin à la Knesset : « Des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ? » 
Interrompue un moment ma description de Chatila doit se terminer. Voici les morts que je vis en dernier, le dimanche, vers deux heures de l’après-midi, quand la Croix-Rouge internationale entrait avec ses bulldozers. L’odeur cadavérique ne sortait ni d’une maison ni d’un supplicié : mon corps, mon être semblaient l’émettre. Dans une rue étroite, dans un redan de mur en arête, j’ai cru voir un boxeur noir assis par terre, rieur, étonné d’être K.O. Personne n’avait eu le courage de lui fermer les paupières, ses yeux exorbités, de faïence très blanche, me regardaient. Il paraissait déconfit, le bras levé, adossé à cet angle du mur. C’était un Palestinien, mort depuis deux ou trois jours. Si je l’ai pris d’abord pour un boxeur nègre, c’est que sa tête était énorme, enflée et noire, comme toutes les têtes et tous les corps, qu’ils soient au soleil ou à l’ombre des maisons. Je passai près de ses pieds. Je ramassai dans la poussière un dentier de mâchoire supérieure que je posai sur ce qui restait des montants d’une fenêtre. Le creux de sa main tendue vers le ciel, sa bouche ouverte, l’ouverture de son pantalon où manquait la ceinture : autant de ruches où les mouches se nourrissaient. 
Je franchis un autre cadavre, puis un autre. Dans cet espace de poussière, entre les deux morts, il y avait enfin un objet très vivant, intact dans ce carnage, d’un rose translucide, qui pouvait encore servir : la jambe artificielle, apparemment en matière plastique, et chaussée d’un soulier noir et d’une chaussette grise. En regardant mieux, il était clair qu’on l’avait arrachée brutalement à la jambe amputée, car les courroies qui habituellement la maintenaient à la cuisse, toutes étaient rompues. 
Cette jambe artificielle appartenait au deuxième mort. Celui de qui je n’avais vu qu’une jambe et un pied chaussé d’un soulier noir et d’une chaussette grise. 
Dans la rue perpendiculaire à celle où j’ai laissé les trois morts, il y en avait un autre. Il ne bouchait pas complètement le passage, mais il se trouvait couché au début de la rue, de sorte que je dus le dépasser et me retourner pour voir ce spectacle : assis sur une chaise, entourée de femmes et d’hommes encore jeunes qui se taisaient, sanglotait une femme - vêtements de femme arabe - qui me parut avoir seize ou soixante ans. Elle pleurait son frère dont le corps barrait presque la rue. Je vins près d’elle. Je regardai mieux. Elle avait une écharpe nouée sous le cou. Elle pleurait, elle se lamentait sur la mort de son frère, à côté d’elle. Son visage était rose - un rose d’enfant, à peu près uniforme, très doux, tendre - mais sans cils ni sourcils, et ce que je croyais rose n’était pas l’épiderme mais le derme bordé par un peu de peau grise. Tout le visage était brûlé. Je ne puis savoir par quoi, mais je compris par qui. 
Aux premiers morts, je m’étais efforcé de les compter. Arrivé à douze ou quinze, enveloppé par l’odeur, par le soleil, butant dans chaque ruine, je ne pouvais plus, tout s’embrouillait. 
Des maisons éventrées et d’où sortent des édredons, des immeubles effondrés, j’en ai vu beaucoup, avec indifférence, en regardant ceux de Beyrouth-Ouest, ceux de Chatila je voyais l’épouvante. Les mots, qui me sont généralement très vite familiers, amicaux même, en voyant ceux des camps je ne distinguais plus que la haine et la joie de ceux qui les ont tués. Une fête barbare s’était déroulée là : rage, ivresse, danses, chants, jurons, plaintes, gémissements, en l’honneur des voyeurs qui riaient au dernier étage de l’hôpital de Acca. 
Avant la guerre d’Algérie, en France, les Arabes n’étaient pas beaux, leur dégaine était lourde, traînassante, leur gueule de travers, et presque soudainement la victoire les embellit, mais déjà, un peu avant qu’elle soit aveuglante, quand plus d’un demi-million de soldats français s’éreintaient et crevaient dans les Aurès et dans toute l’Algérie un curieux phénomène était perceptible, à l’œuvre sur le visage et dans le corps des ouvriers arabes : quelque chose comme l’approche, le pressentiment d’une beauté encore fragile mais qui allait nous éblouir quand leurs écailles seraient enfin tombées de leur peau et de nos yeux. Il fallait accepter l’évidence qu’ils s’étaient libérés politiquement pour apparaître tels qu’il fallait les voir, très beaux. De la même façon, échappés des camps de réfugiés, échappés à la morale et à l’ordre des camps, à une morale imposée par la nécessité de survivre, échappés du même coup à la honte, les feddayin étaient très beaux ; ci comme celte beauté était nouvelle, c’est-à-dire neuve, c’est-à-dire naïve, elle était fraîche, si vive qu’elle découvrait immédiatement ce qui la mettait en accord avec toutes les beautés du monde s’arrachant à la honte. 
Beaucoup de macs algériens, qui traversaient la nuit de Pigalle, utilisaient leurs atouts au profil de la révolution algérienne. La vertu était là aussi. C’est, je crois, Hannah Arendt qui distingue les révolutions selon qu’elles envisagent la liberté ou la vertu - donc le travail. Il faudrait peut-être reconnaître que les révolutions ou les libérations se donnent - obscurément - pour fin de trouver ou retrouver la beauté, c’est à dire l’impalpable, innommable autrement que par ce vocable. Ou plutôt non par la beauté entendons une insolence rieuse que narguent la misère passée, les systèmes et les hommes responsables de la misère et de la honte, mais insolence rieuse qui s’aperçoit que l’éclatement, hors de la honte, était facile. 
Mais, dans cette page, il devait être question surtout de ceci : une révolution en est-elle une quand elle n’a pas fait tomber des visages et des corps la peau morte qui les avachissait. Je ne parle pas d’une beauté académique, mais de l’impalpable - innommable - joie des corps, des visages, des cris, des paroles qui cessent d’elle mornes, je veux dire une joie sensuelle et si forte qu’elle veut chasser tout érotisme.

Consulter la 3ème partie

Quatre heures à Chatila 5

Par Islam Lover :: jeudi 09 février 2012 à 1:57 :: Al-Aqsa dans notre coeur

L'histoire est le témoin le plus fidèle quant à la barbarie d'Israël et du sionisme. Sabra et Chatila demeureront à tout jamais des souvenirs cruels dans la mémoire de tout musulman. Le récit en est fait ici par Jean genet, dans un style à la fois fort de sens et d'émotions...

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Quatre heures à Chatila


Jean Genet


Note de la rédaction - Du 16 au 18 septembre 1982, l’horreur s’est abattue dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Durant plus de 40 heures, près de 3000 Palestiniens ont été décimés par des miliciens phalangistes libanais armés et protégés par les forces d’occupation israéliennes. Un massacre planifié et orchestré par l’armée israélienne.

En septembre 1982, Jean Genet accompagne à Beyrouth Layla Shahid, devenue présidente de l’Union des étudiants Palestiniens. Le 16 septembre ont lieu les massacres de Sabra et Chatila par les milices libanaises, avec l’active complicité de l’armée israélienne qui vient d’envahir et d’occuper le Liban . Le 19 septembre, Genet est le premier Européen à pouvoir pénétrer dans le camp de Chatila. Dans les mois qui suivent, il écrit « Quatre heures à Chatila », publié en janvier 1983 dans La Revue d’études palestiniennes. 
Ce texte magnifique, réquisitoire implacable contre les responsables de cet acte de barbarie, ne commence pas par évoquer l’horreur du charnier. Il commence par le souvenir des six mois passés dans les camps palestiniens avec les feddayin, dix ans avant le massacre de Sabra et Chatila.

(JPG)
Jean Genet

Me revoici à Ajloun, en Jordanie, puis à Irbid. Je retire ce que je crois être un de mes cheveux blancs tombé sur mon chandail et je le pose sur un genou de Hamza,, assis près de moi. Il le prend entre le pouce, le majeur, le regarde sourit, le met dans la poche de son blouson noir, y appuie sa main en disant ; 
-  Un poil de la barbe du Prophète vaut moins que ça. 
Il respire un peu plus large et reprend : 
-  Un poil de la barbe du prophète ne vaut pas plus que ça. 
Il n’avait que vingt-deux ans, sa pensée bondissait à l’aise très au-dessus des Palestiniens de quarante ans, mais il avait déjà sur lui les signes - sur lui : sur son corps, dans ses gestes - qui le rattachaient aux anciens. 
Autrefois les laboureurs se mouchaient dans leurs doigts. Un claquement envoyait la morve dans les ronces. Ils se passaient sous le nez leurs manches de velours côtelé qui, au bout d’un mois, était recouverte d’une légère nacre. Ainsi les feddayin. Ils se mouchaient comme les marquis, les prélats prisaient : un peu voûtés. J’ai fait la même chose qu’eux, qu’ils m’ont apprise sans s’en douter. 
Et les femmes ? Jour et nuit broder les sept robes (une par jour de la semaine) du trousseau de fiançailles offert par un époux généralement âgé choisi par la famille, éveil affligeant. Les jeunes Palestiniennes devinrent très belles quand elles se révoltèrent contre le père et cassèrent leurs aiguilles et les ciseaux à broder. C’est sur les montagnes d’Ajloun, de Sait et d’Irbid, sur les forêts elles-mêmes que s’était déposée toute la sensualité libérée par la révolte et les fusils, n’oublions pas les fusils : cela suffisait, chacun était comblé. Les feddayin sans s’en rendre compte - est-ce vrai ? - mettaient au point une beauté neuve : la vivacité des gestes et leur lassitude visible, la rapidité de l’œil et sa brillance, le timbre de la voix plus claire s’alliaient à la promptitude de la réplique et à sa brièveté. A sa précision aussi. Les phrases longues, la rhétorique savante et volubile, ils les avaient tuées.

A Chatila, beaucoup sont morts et mon amitié, mon affection pour leurs cadavres pourrissants était grande aussi parce que je les avais connus. Noircis, gonflés, pourris par le soleil et la mort, ils restaient des feddayin. 
Vers les deux heures de l’après-midi, dimanche, trois soldats de l’armée libanaise, fusil pointé, me conduisirent à une jeep où somnolait un officier. Je lui demandai : 
-  Vous parlez français ? 
-  English.
La voix était sèche, peut-être parce que je venais de la réveiller en sursaut.
Il regarda mon passeport. Il dit, en français : 
-  Vous venez de là-bas ? (Son doigt montrait Chatila.) 
-  Oui. 
-  Et vous avez vu ? 
-  Oui. 
-  Vous allez l’écrire ? 
-  Oui. 
Il me rendit le passeport. Il me fit signe de partir. Les trois fusils s’abaissèrent. J’avais passé quatre heures à Chatila. Il restait dans ma mémoire environ quarante cadavres. Tous - je dis bien tous - avaient été torturés, probablement dans l’ivresse, dans les chants, les rires, l’odeur de la poudre et déjà de la charogne. 
Sans doute j’étais seul, je veux dire seul Européen (avec quelques vieilles femmes palestiniennes s’accrochant encore à un chiffon blanc déchiré ; avec quelques jeunes feddayin sans armes) mais si ces cinq ou six êtres humains n’avaient pas été là et que j’ai découvert cette ville abattue, les Palestiniens horizontaux, noirs et gonflés, je serais devenu fou. Ou l’ai-je été ? Cette ville en miettes et par terre que j’ai vue ou cru voir, parcourue, soulevée, portée par la puissante odeur de la mort, tout cela avait-il eu lieu ? 
Je n’avais exploré, et mal, que le vingtième de Chatila et de Sabra, rien de Bir Hassan, et rien de Bourj et de Barajné.

*
* *

Ce n’est pas à mes inclinaisons que je dois d’avoir vécu la période jordanienne comme une féerie. Des Européens et des Arabes d’Afrique du Nord m’ont parlé du sortilège qui les avait tenus là-bas. En vivant cette longue poussée de six mois, à peine teintée de nuit pendant douze ou treize heures, j’ai connu la légèreté de l’événement, l’exceptionnelle qualité des feddayin, mais je pressentais la fragilité de l’édifice. Partout, où l’armée palestinienne en Jordanie s’était regroupée - prés du Jourdain - il y avait des postes de contrôle où les feddayin étaient si sûrs de leurs droits et de leur pouvoir que l’arrivée d’un visiteur, de jour ou de nuit, à l’un des postes de contrôle, était l’occasion de préparer du thé, de parler avec des éclats de rire et de fraternels baisers (celui qu’on embrassait partait cette nuit, traversait le Jourdain pour poser des bombes en Palestine, et souvent ne revenait pas). Les seuls îlots de silence étaient les villages jordaniens : ils la bouclaient. Tous les feddayin paraissaient légèrement soulevés du sol comme par un très subtil verre de vin ou la goulée d’un peu de hachich. C’était quoi ? La jeunesse insouciante de la mort et qui possédait, pour tirer en l’air, des armes tchèques et chinoises. Protégés par des armes qui pétaient si haut, les feddayin ne craignaient rien. 
Si quelque lecteur a vu une carte géographique de la Palestine et de la Jordanie, il sait que le terrain n’est pas une feuille de papier. Le terrain, au bord du Jourdain, est très en relief. Toute cette équipée aurait dû porter en sous-titre « Songe d’une nuit d’été » malgré les coups de gueule des responsables de quarante ans. Tout cela était possible à cause de la jeunesse, du plaisir d’être sous les arbres, de jouer avec des armes, d’être éloigné des femmes, c’est-à-dire d’escamoter un problème difficile, d’être le point le plus lumineux parce que le plus aigu de la révolution, d’avoir l’accord de la population des camps, d’être photogénique quoi qu’on fasse, peut-être de pressentir que cette féerie à contenu révolutionnaire serait d’ici peu saccagée : les feddayin ne voulaient pas le pouvoir, ils avaient la liberté.

Au retour de Beyrouth, à l’aéroport de Damas, j’ai rencontré de jeunes feddayin, échappés de l’enfer israélien. Ils avaient seize ou dix-sept ans : ils riaient, ils étaient semblables à ceux d’Ajloun. Ils mourront comme eux. Le combat pour un pays peut remplir une vie très riche, mais courte. C’est le choix, on s’en souvient, d’Achille dans l’Iliade.

JEAN GENET

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Les erreurs à éviter pendant l’invocation

Par Islam Lover :: mardi 14 février 2012 à 2:51 :: Adorations

En Islam, les invocations sont indispensables dans la vie quotidienne du musulman. Cela lui permet de se rapprocher de son Créateur ainsi de lui demander son aide, sa miséricorde et sa protection ici-bas et dans l'au-delà. Cet article expose les erreurs à ne pas commettre pendant l’invocation. Un article qui vous aidera à faire en sorte que vos invocations soient exaucées. Le musulman doit connaître ces fautes, car l'invocation est l'adoration.


Au nom d’Allah, l’Infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux

 

Les erreurs à éviter pendant l’invocation

Extraits du livre : Correction de l’invocation « Tashih el-dou’a » du Dr Bakr Ibn AbdAllah Abou-Zayd.

 

Dans la manière de lever les mains : Nous avons déjà décrit la manière légale de le faire, mais celui qui contemple la manière dont les gens invoquent, voit des choses étonnantes. Parmi celles-ci :

 

  • Baisser ses mains (en les levant jointes ou séparées) jusqu’au niveau du nombril ou plus bas.
  • Lever ses mains séparées, les doigts dirigés vers la Qibla et les deux pouces vers le ciel.
  • Les retourner dans plusieurs sens durant l’invocation.
  • Les secouer en faisant d’autres mouvements en levant ses mains.
  • Essuyer le visage avec ses mains après avoir conclu l’invocation de « Al-Qounoût » du « Witr » ou une « Al-Qounoût » après un évènement grave survenu dans la communauté (« Nâzila ») dans une prière.
  • Essuyer la poitrine et les épaules avec ses mains après avoir conclu l’invocation ou après avoir prié sur le Prophète r […]
  • Placer la paume l’une contre l’autre ou se frotter les mains l’une contre l’autre à la fin de l’invocation.
  • Embrasser les deux pouces et les poser sur ses yeux lors de la prononciation du nom du prophète Muhammad r durant l’appel à la prière « adhan » et autre.
  • Que l’imam lève ses mains, ainsi que ceux qui assistent à la prière du vendredi (lors de l’invocation à la fin du sermon). Il est établi que le prophète r a levé ses mains pour une invocation de demande de pluie lors du sermon du vendredi, et les compagnons ont aussi levé leurs mains, puis cela ne s’est plus reproduits. Pour cela, les gens de science ont conseillé de le faire durant ce cas précis seulement. Mais si l’imam fait une invocation lors de son sermon qui ne concerne pas la demande de pluie, il est alors détestable pour lui ainsi que les autres de lever les mains. Ceci mérite l’attention de chacun.
  • Lever les mains pour invoquer, entre l’appel de rassemblement à la prière « Iqâma » et le début de la prière (avant que l’imam ne dise « Allahou Akbar »). Ce qui a été innové à ce sujet est que l’imam fasse une invocation à ce moment-là, et les gens disent Amine après lui tout en levant leurs mains ; cette façon de faire est complètement inventée et innovée. Quant à ce que chacun de nous fasse seul une invocation après l’adhan ou après l’iqâma est une chose louable et pourrait être une cause d’exaucement comme cela est cité dans la sounna. […]
  • Lever les mains pour faire une invocation de groupe ou chacun seul, après la prière obligatoire. Ce point est sujet à débats tumultueux et des on-dit incessants, mais il s’est avéré que ceux qui prétendent cela légal n’ont aucune preuve, il est donc établi que c’est une innovation. […]
  • Lever les mains après la prosternation de lecture du Coran pour invoquer. Cette invocation durant laquelle on y lève les mains n’est soutenue par aucune preuve, c’est donc une innovation.
  • Lever les mains lors de la vue du croissant de lune : se mettre face au croissant et lever les mains pour invoquer constitue deux innovations. Car d’après la sounna, on devrait se mettre face à la Qibla et le fait de lever ses mains à ce moment n’est soutenu par aucune preuve.
  • Lever ses mains ou les poser sur sa poitrine comme il est accompli dans la prière ou s’assoir en position de la prononciation du « tachahoud » lors de la salutation faite au Prophète et ses deux compagnons à Médine. Tout ce qui précède n’est qu’innovation. En invoquer, lever les mains, s’assoir comme dans la prière ne doit être fait que vers la Qibla. Aussi, ceci est un renoncement aux bonnes manières de saluer le Prophète r et ses deux compagnons (qu’Allah les agrée) !
  • Mettre la main droite sur la tête après la prière et faire une invocation. À ce sujet, il y a un hadith d’après Anas (qu’Allah l’agrée) qui est faible.
  • Rassembler les doigts de la main droite et les mettre sur l’œil droit, et faire de même pour l’œil gauche puis réciter des paroles indistinctes et invoquer.
  • L’utilisation des deux index en invoquant, alors qu’il est établi d’après Abu Hourayra t, que le prophète r est passé devant un homme qui invoquait en utilisant ses deux index, il lui a alors dit « unifie, unifie ! (soit : utilise qu’un doigt !) » [Rapporté par El-Tirmidhi et El-Hâkim qui l’a authentifié].                

 

Traduit par : Miloud El-Wahrany 

Mohammed SAWS et Thomas Carlyle

Par Islam Lover :: lundi 20 février 2012 à 2:46 :: Miséricorde pour l'Univers

Ceci est le témoignage d’un écrivain chrétien occidental.

Il se renseigna au sujet de Muhammad que Dieu le bénisse et le salue, et le résultat de sa pensée fut conforme aux conclusions auxquelles ont abouti

ceux qui ont suivi le Prophète que Dieu le bénisse et le salue.  


Celui qui médite sérieusement les vertus du Prophète que Dieu le bénisse et le salue, les événements de sa vie, ses paroles et ses actes éprouvera naturellement de l’admiration envers lui. Ce que fit l’écrivain connu Thomas Carlyle, Thomas Carlyle (1795 – 1881) est un écrivain, satiriste et historien écossais, dont le travail eut une très forte influence durant l'époque victorienne. Il entretint une correspondance avec Goethe (1749 – 1832), qui, lui non plus, ne manquait jamais une occasion d'exprimer sa profonde attirance pour la religion de Muhammad et dont la conversion à l'Islam est d'ailleurs plus que probable. Gilles Kervenn.                                           

 qui fut l’auteur du livre intitulé « les Héros » où il rédigea un étonnant chapitre au sujet du Prophète Muhammad que Dieu le bénisse et le salue, montrant par là sa foi en la sincérité du Prophète que Dieu le bénisse et le salue et sa profonde admiration pour lui. sujet du Prophète Muhammad que Dieu le bénisse et le salue, montrant par là sa foi en la sincérité du Prophète que Dieu le bénisse et le salue et sa profonde admiration pour lui.

 

Parmi ce qu’il écrivit : « On remarqua que Muhammad, depuis sa tendre enfance, était considéré comme étant un jeune doué de raison. D’ailleurs, les personnes avec lesquelles il vivait l’avaient surnommé « l’honnête » (homme faisant preuve de sincérité et de loyauté). Ses paroles, ses actes et sa pensée étaient véridiques. Ceux qui le côtoyaient avaient également remarqué que toute parole qui exhalait de lui renfermait une édifiante sagesse. J’ai appris de lui qu’il était extrêmement pondéré : il gardait le silence lorsque les paroles n’étaient plus nécessaires, mais lorsqu’il parlait, ces paroles n’étaient que vérité et raison. […] Tout le long de sa vie, nous avons vu en lui un homme aux principes bien établis et il fut connu pour son implacable détermination. Il se souciait du malheur des autres. Il était généreux, bienfaisant et clément. Il faisait preuve de piété et de mérite et était libre. Extrêmement sérieux et sincère, il était néanmoins d’un naturel doux, accueillant et accessible. Il était réjouissant, agréable, sociable et sa compagnie était appréciée. On pouvait parfois le voir plaisanter et s’amuser. Selon les témoignages, son sourire éclatant qui illuminait son visage, provenait d'un cœur sincère. Il était très intelligent et possédait un cœur magnanime. Il était naturellement grandiose sans qu’une école ne lui inculquât la science ni qu’un enseignant se chargeât de son éducation, car il n’en avait nullement besoin. Thomas Carlyle, “Heroes, Hero Worship, and the Heroic in History”, Londres, p 50-51. 

Des colons sionistes profanent Al-Aqsa et appellent aux dons pour sa destruction

Par Islam Lover :: samedi 25 février 2012 à 0:57 :: Al-Aqsa dans notre coeur
Des colons sionistes profanent Al-Aqsa et appellent aux dons pour sa destruction
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Un groupe de fidèles musulmans stationnés à Al-Aqsa
Al-Qods occupée – CPI

Des groupes de sionistes extrémistes ont pris d’assaut jeudi matin la Mosquée d’Al-Aqsa, sous des mesures de sécurité renforcées des forces d’occupation qui ont empêché des centaines de fidèles palestiniens d’entrer dans Al-Aqsa pour répondre aux appels lancés pour sa défense.

Des sources jérusalémites ont indiqué qu’un état de tension règne dans la ville après l’assaut des groupes de colons sur la Mosquée d’Al-Aqsa, et que les fidèles stationnés à l’intérieur de la mosquée les ont affrontés alors qu’ils tentaient d’entrer par la Porte des Maghrébins.

La Fondation d’Al-Aqsa pour les legs pieux et le patrimoine dans les territoires occupés en 48, ont affirmé que des forces importantes de policiers et de soldats d’occupation ont renforcé le siège de la Mosquée d’Al-Aqsa à l’intérieur et à l’extérieur. Elles ont également empêché de nombreux fidèles d’y entrer pendant que des extrémistes juifs ont appelé à la prendre d’assaut, et détenaient les cartes d’identité des femmes jusqu’à leur sortie de la mosquée en les menaçant.

La Fondation a ajouté dans un communiqué de presse jeudi matin que 65 colons ont pris d’assaut la Mosquée d’Al-Aqsa répartis en trois groupes, dont un de la colonie Kiryat Arba.

Elle a affirmé que des forces spéciales sionistes ont assiégé la Mosquée Al-Aqsa et ont fermé ses portes dans les premières heures du matin, en ajoutant que les voix des fidèles retentissaient de Takbirs à l’intérieur de la mosquée.

La Fondation a indiqué que trois palestiniens de 48 et un des gardiens de la mosquée d’Al-Aqsa ont été arrêtés par les forces d’occupation, tandis qu’un climat de tension et de prudence règne dans la Mosquée d’Al-Aqsa.

Des groupes sionistes extrémistes de la colonie Kiryat Arba à Hébron avaient annoncé leur intention d’organiser un assaut collectif de la Mosquée d’Al-Aqsa jeudi matin, et qu’ils ont appelé « Montée au Mont du Temple pour le purifier des musulmans et effectuer des rituels talmudiques ». De même que les chefs religieux et nationaux à al-Qods et dans les territoires occupés ont appelé à se rendre tôt et de manière intensive à la mosquée pour affronter les colons.
 

Appels aux dons pour la destruction d’Al-Aqsa

Dans un contexte similaire, les chefs des colons sionistes ont annoncé le lancement d’une vaste campagne pour récolter des dons au profit de la destruction de la Mosquée sacrée d’Al-Aqsa et la construction du prétendu « Temple » sur ses ruines.

Selon ce qui a été rapporté par le Centre médiatique d’al-Qods, des appels ont été lancés à cet égard dans des haut-parleurs lors d’une marche des chefs colons organisée mercredi près de la Mosquée d’Al-Aqsa, parcourant les rues de la vieille ville à al-Qods occupée, sous la protection de la police et des soldats.

Le Centre a ajouté que la police d’occupation a procédé à la fermeture des rues et a obligé les commerçants à fermer leurs boutiques pour assurer une protection complète aux colons « pour montrer clairement l’échange des rôles entre l’ensemble des institutions de l’Etat d’occupation pour la construction du prétendu Temple sur les ruines de la Mosquée d’Al-Aqsa ».

Le Centre a souligné que la marche des colons est partie du Mur d’al-Bouraq (Lamentations) en passant par les portes extérieures de la Mosquée d’Al-Aqsa et les commerces de la rue al-Wad, jusqu’à la Porte de la Rémission (Bab al-Hutta). Ils formaient des groupes de danse et brandissaient le drapeau sioniste en scandant des slogans racistes contre les arabes et les musulmans.

Il a ajouté que les colons ont insulté les jérusalémites lors de leur marche dans les rues d’al-Qods occupée, provocant des frictions entre les deux parties que la police d’occupation a arrêté.

Le Centre a précisé qu’un état de colère règne au sein des jérusalémites, surtout après l’annonce du lancement d’une campagne de récolte de dons pour la construction du prétendu Temple qui est contrecarrée par des communiqués de condamnations par les arabes et les musulmans.

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